Sunday, March 30, 2008

New Delhi - Mandawa - Deshnoke - Bikaner

Pas mal de chemin parcouru depuis la dernière fois ou j'ai donné signe de vie. Nous sommes donc arrivés à New Delhi le matin du 25 mars, après un trajet de bus nocturne plutôt épuisant. On a choisi de loger dans le quartier routard de Pahar Ganj, pour les hôtels à prix modiques et la proximité de Connaught Place, qui constitue en fait le coeur de la nouvelle ville. Ici, l'urbanisme à la British est très difficile à manquer : ça ne ressemble en rien à tout ce que l'on peut voir dans les autres grandes villes indiennes. Larges boulevards dégagés, verdure (qui fait le bonheur des singes), architecture coloniale, grandes chaînes occidentales qui pullulent, etc. Bref vous voyez le genre. Le lendemain soir, nous sommes allés chercher Julie à l'aéroport sans trop de problèmes ! Depuis le mois d'août, j'étais en contact avec Julien, un Québécois travaillant à l'Ambassade (pardon, le Haut-Commissariat) du Canada à New Delhi, et on a convenu de se rencontrer le soir du 27 pour aller prendre une petite bière. Eh bien ! Que dire à part le fait que nos diplomates sont confortablement installés ! Superbe appart grand et luxueux, au milieu d'un quartier bourgeois qui fait en sorte qu'on a du mal à s'imaginer qu'on est en Inde. Julien commence à très bien se débrouiller en hindi. Prendre un rickshaw avec lui ou commander dans un resto s'avère une expérience très amusante : il faut voir la mine décontenancée de ces Indiens (surtout les rickshaws cherchant les proies faciles) quand il s'exprime dans leur langue. À part ça, pas mal de rabatteurs à Delhi : les guides ne mentent pas. La technique est très simple : on se fait aborder par les questions classiques, et on finit par être balladés dans des ''bureaux d'information touristiques'' qui ne sont rien d'autre que des agences de voyage. Alors qu'on cherchait désespérément à se débarasser d'un cireur de chaussures qui nous collait au cul (c'est moins facile que ça en a l'air) un policier nous aborde pour nous demander si on connaît le type. On répond que oui, pas de problèmes. On ne veut pas que le jeune homme ait des soucis et on réussira à s'en débarasser nous-mêmes. Le flic pose deux ou trois questions au cireur, et puis, sans prévenir : PAF! Une solide taloche en pleine face. Le p'tit gars a bien peur, s'éloigne, le policier lui dit de revenir. Autre question, autre taloche. Le rabatteur s'enfuit sans demander son reste et le policier nous dit de faire attention, ''lot of cheaters in this city''. Ouais, on le sait, mais n'y avait-il pas une autre façon de gérer le dossier ? Puis le policier nous demande ce qu'on cherche au juste. On veut des t-shirts. Il nous demande combien on en veut. Ah non, c'est pas vrai ! Même les policiers jouent aux rabatteurs. On prend congé de lui, en se sentant mal pour le jeune homme. Mais bon, c'est la vie, en Inde. Disons que la déontologie policière laisse pas mal de flexibilité aux agents.

Le lendemain, Julien nous invite à un tour très particulier, soit celui de la gare de New Delhi. Il s'agit d'un tour organisé par Salaam Balack, un organisme qui s'occupe des jeunes enfants vivant dans la rue à Delhi, et qui se comptent par milliers. Sheikar, notre guide, était lui-même un d'entre eux auparavant, et ce qu'on a vu et entendu ne peut pas laisser indifférent. Ces jeunes fuient leurs familles pour trouver une vie ou l'illusion de liberté et l'absence de contraintes leur donne l'espoir d'améliorer leur sort. Mais dans la plupart des cas, ça se termine plutôt mal : ils sniffent de la colle pour la plupart, sont recrutés par des ''pimps'', tombent dans la prostitution, se font battre par les policiers (quelle surprise !) et autres trucs du genre. Les jeunes que nous avons croisé dans la gare étaient pour la plupart bien frostés. Et ils avaient en moyenne 8 ou 9 ans. Salaam Balack leur offre un refuge, très encadré, pour leur donner une chance de connaître une vie meilleure. Très jolie initiative, et dont les résultats semblent porter fruit. Après cette visite, une petite bière dans une place branchée de Connaught Place, pour réaliser une fois de plus que les Indiens ne supportent pas l'alcool. Il est à peine 17h que plusieurs d'entre eux sont assez bien amorcés. Déjà de la bataille, le type de la table d'à côté qui insiste pour que j'aille danser avec lui (???), et autres trucs glorieux du genre. Avant que ça se termine trop mal, on va finir la soirée chez Julien, ou on a droit à un barbecue mettant en vedette des produits ''Choix Extra''. De la vraie relish !!!! L'Ambassade importe toutes sortes de produits et marques de chez nous, pour contrer les effets dépaysants de l'expatriation je suppose. Résultat : mon estomac n'étant plus habitué à manger ce genre de trucs, je peux affirmer que quelques jours plus tard, l'effet se fait encore sentir ! Ah et en plus, on a eu droit à du vrai vin ...

Bon, sinon nous avons opté pour la location d'un char (avec chauffeur, bien sûr) afin d'explorer le Rajasthan durant deux semaines. Dans la plupart des guides, on indique que si on a les moyens de se l'offrir, ne surtout pas hésiter à le faire. Les distances sont longues, la température écrasante du désert est pénible à supporter, et avoir une voiture nous offre une flexibilité qu'on n'est même pas près de frôler en train ou en bus. Alors voilà ! Première nuit à Mandawa. Ensuite, destination Deshnoke, petit village célèbre pour son fameux temple aux rats. Wow ! Moi qui ait une phobie des rongeurs, c'était le moment ou jamais d'affronter mes peurs. Par milliers, ils évoluent librement dans le temple, vous foncent sur les pieds (nus, bien sûr) se nourissent des offrandes offertes par les pellerins. La légende dit que ce sont les enfants d'une caste de la région qui se réincarneraient en rat. Ce n'était vraiment pas si pire que ça, finalement.

Aujourd'hui, nous sommes à Bikaner, en plein coeur du désert de Thar. Demain, nous partons pour Jaisalmer, près de la frontière pakistanaise. Nous passerons une nuit ou deux dans le désert, à la belle étoile, en nous offrant une excursion à dos de chameau. Je développerai plus tard sur le Rajasthan puisque l'on vient à peine de l'effleurer. Mais un constat s'impose : c'est très très très touristique. Trop, peut-être. Les touristes-express qui font l'Inde en deux semaines passent tous par ici avec leurs cars climatisés. Résultat ? Le harcèlement de la part des Indiens est constant, les relations avec les locaux sont toutes sauf authentiques. Quand on explique que ça fait trois mois que nous sommes ici, ça les calme un peu, mais même pas tant que ça. C'est ce côté qui me dérange beaucoup, mais il faudra apprendre à dealer avec ça.

Alors c'est tout pour l'instant ! :)

Monday, March 24, 2008

Allahabad

Namaskaar!

Je disais donc : nous ne désirions pas faire le trajet Siliguri - New Delhi d'une traite. Premièrement, nous avions un peu de temps devant nous et deuxièmement, si on peut s'épargner un trajet de 40 heures de train, aussi bien y aller comme ça. En regardant une carte, on voit que peu d'options s'offrent à nous pour un arrêt à mi-chemin entre les deux villes. Il y a bien entendu Varanasi, la sainte des saintes, mais on a promis à Julie qu'on l'attendrait. Tiens donc : Allahabad, dans l'Uttar Pradesh. Un million d'habitants. Ça sonne bien, et dans notre guide ça indique qu'aucun touriste ou presque ne s'aventure là-bas et que visiblement, les locaux n'ont pas l'habitude de côtoyer des visages pâles. En plein ce que ça nous prend ! En prenant le train vers cette destination mystérieuse, je remarque que beaucoup d'Indiens sont peinturés de toutes les couleurs vives possibles : du rose, du bleu, du vert. Sur les vêtements, dans le visage, partout. Mais oui, c'est vrai : c'est la fête de Holi, le festival des couleurs ! En gros, on célèbre la fin de l'hiver en se garrochant de la peinture partout. Adultes comme enfants. Il faut dire que dans l'Uttar Pradesh, petit État de 120 millions d'habitants, ils ont de quoi célébrer : cet hiver a été particulièrement pénible. On raconte même qu'une nuit, le thermomètre serait descendu aussi bas que 23 degrés. Les pauvres petits. Mais rassurez-vous, c'est maintenant fini.

Bon, alors nous arrivons enfin à Allahabad. Les trains ont toujours deux ou trois heures de retard, si bien qu'on s'habitue à automatiquement calculer une heure d'arrivée bien plus tardive que ce qu'indique le billet. Sauf que des fois, on se fait avoir. Il est 7h AM, je regarde par la fenêtre, je vois une grande ville défiler sous mes yeux. Je réveille Jo, lui demande s'il pense que c'est Varanasi. Aucune idée. Attendons de voir la pancarte. Shit, mais c'est Allahabad, et on est encore couchés !!! On se lève en vitesse et préparons nos trucs pour sortir du train en toute urgence. Je pense que nous avons battu un record au chronomètre. Ok, mais ou sont les gens dans cette ville ? Toutes les rues sont désertes, quelques vaches broutent ici et là. Les magasins sont fermés. Vraiment une drôle d'ambiance. Nous trouvons une petite guesthouse et décidons d'aller faire une sieste en attendant que la ville se réveille. 11h, on reprend les rues d'assaut. Tout est encore fermé, toujours pas un chat. Très bizarre. En fait, on croise des bandes de jeunes en moto, torses nus et peinturés de la tête au pieds. Il y a aussi des barrages sur les routes, ou des enfants bloquent l'accès aux rares véhicules avec un tronc d'arbre en feu, et demandent de l'argent aux automobilistes qui passent, sous menace de les arroser de peinture. Ça fait tout à fait parti du jeu, que j'apprendrai par après, en lisant. Je commence à me sentir menacé. Je n'ai pas beaucoup de vêtements, et je sais qu'avec la peinture qu'ils utilisent, les taches sont permanentes, et adieu à notre linge. Quand je verrai plus tard en soirée les rues prises d'assaut par les gens et les véhicules, je comprends enfin : les gens se terrent chez eux, pour ne pas tomber entre les mains des jeunes éméchés qui veulent vous garrocher de la couleur en pleine face, que vous le vouliez ou non. Mais ça, on le savait pas. On s'engage dans une petite ruelle, une jeune fille à l'anglais parfait nous salue et nous invite à rejoindre la gang de jeunes gens colorés qui festoient. Bien sûr que ça nous tente ! Mais ça ne prend pas deux minutes que je suis attaqué. Les cheveux, le visage, le t-shirt, les pantalons, tout y passe. Bon, ce linge est maintenant scrap, alors aussi bien en profiter à fond. J'en redemande. La même jeune fille nous invite gentiment à manger un petit quelque chose à l'intérieur, préparé par la bienveillante maman qui oberve la mêlée de haut avec le sourire. Après avoir mangé, on nous invite à danser dehors, sous une musique un peu délirante, surtout déroutante. Ah non ! Mais un rapide coup d'oeil, et je constate qu'ils dansent tous aussi mal que moi, même pire dans certains cas. Ok alors ! C'est là que les choses s'enveniment. Un jeune homme tente de dire quelque chose à Jo (qui est maintenant tout aussi peinturé que moi), mais il lui parle en hindi. D'ailleurs, c'est une drôle d'habitude dans cette ville : tout le monde nous parle en hindi. On leur dit que l'on ne comprend pas, et ils répètent en ... hindi, toujours. Jo lui dit donc, après deux ou trois essais, qu'il ne pige rien. Le jeune homme voit rouge et essaie soudainement de s'en prendre à lui. Trois ou quatre de ses amis le poussent à l'écart, mais son idée semble claire : il doit péter la gueule à Jobaï. Ouf, c'est tendu. Tout de suite après, un autre type lève sa ceinture, et montre à Jo un beau fusil qui semble bien fonctionner. Quand il m'informe de ça (fidèle à mes habitudes, je n'ai rien vu du tout), je commence à juger que la situation est sérieuse. Je vois le gun à mon tour, par hasard. Mais le gars est de notre bord, je pense qu'il essaie de nous dire de ne pas nous inquiéter pour le petit con qui cherche le trouble. D'ailleurs, il est disparu du décor. Mais n'empêche, partons quand même d'ici. Ils empestent pas mal tous l'alcool et certains sont armé; c'est jamais bien bien gagnant. L'idée est surtout de ne pas montrer que l'on est intimidés. Garder le sourire, faire comme si on trouve tout ça parfaitement normal, et préparer un départ par étapes. On va finir par réussir à partir, en ayant tout de même eu une bonne peur. Ai-je déjà dit que les Indiens ne supportent pas l'alcool ? Il faut les voir dans les bars, somnolant ou piquand du nez à la moitié de leur deuxième bière (660 ml). Donc, ce genre de truc n'est finalement pas trop étonnant. Bon, oublions tout ça et allons nous laver à l'hôtel ! Les vêtements sont foutus, mais je commence à avoir peur pour ma peau aussi (dans le vrai sens). On a beau frotter, mais ça part difficilement. Enfin bon, on finira par y arriver, même si j'ai encore du beau vernis à ongles rose au moment d'écrire ces lignes. Vraiment viril !

Le lendemain, même scénario. Ville déserte. Tout fermé. Nous allons vers la gare de train pour essayer d'aller acheter des billets pour Delhi. Une bande de jeunes à moto s'arrête à côté de nous. On discute, ils sont bien content de nous rencontrer. Ils veulent nous inviter à aller fêter avec eux, mais sérieusement, après l'épisode d'hier, ça ne me tente pas. On décline poliment, en disant que nous devons absolument aller à la gare maintenant. Ok pas de problème, embarquez, on vous emmène ! On y va, on n'y vas pas? Bah allons-y ! Un sur chaque moto. Après un kilomètre, les deux types sur la moto derrière la mienne prennent un tournant trop sec. Résultat : ils se plantent solidement, devant quelques policiers tout peinturés eux aussi. Cibole ! Quelle ville de fous. Les policiers demandent si tout est correct, même pas un mot sur la possibilité très réelle de l'alcool au volant. Les deux gars assez maganés répondent que oui oui, tout est beau. Et on reprend la route. L'incident étant loin d'avoir calmé le gars qui conduit ma moto, le voilà qui lève les bras, chante, célèbre. J'ai peur ! Ils nous déposent à la gare comme convenu, on se salue, et ils s'en vont. Ouf ! Petite parenthèse, plus aucun billet de train pour Delhi avant le 27. Problématique : on doit y être le 26 au plus tard. On s'arrangera, comme d'habitude. Sur le chemin du retour, on ne se sent toujours pas en sécurité. Il me reste seulement deux t-shirts propres, je ne veux pas me faire attaquer. Ah non, voilà quatre ou cinq jeunes qui viennent vers nous et qui semblent chercher le trouble. "Happy Holi!" Oui, vous aussi les gars.

- Vous n'êtes pas peinturés?
- Non, mais hier on l'a été, je te jure. Regarde mes souliers et mes ongles. On a fêté Holi man ! C'était cool!
- Ça vous prend un peu de peinture.
- Mais on prend un train tantôt (même pas vrai) et je n'ai plus de linge propre (commence à être vrai).

Jo se fait attaquer par derrière. Sa chemise est foutue. J'ai plus de chance que lui : mon assaillant m'en étend dans la face, tout gentiment. Le t-shirt est sain et sauf ! Fiou! Vers 17h, tout s'arrête, les gens se réapproprient les rues. Les jeunes filent au McDo (oui oui, à Aallahabad!) et plus personne n'a peur. Nous, on s'en va au bar, on l'a bien mérité. On a survécu à Holi, mais à quel prix. Je garderai tout un souvenir d'Allahabad. On cherchait probablement l'aventure en choisissant cette ville, disons qu'on a été servis ! Au niveau plus touristique, on s'est offert une petite ballade en chaloupe vers un lieu unique au monde : le Sangan (ou un truc du genre), ou deux fleuves sacrés, la Yamuna et le Gange, se rencontrent. On l'a enfin vu, celui-là ! Je me suis même purifié un peu à l'invitation du gars qui ramait. Mais les eaux des deux fleuves sont de couleurs différentes, et on peut littéralement les voir s'entrecroiser ... Magnifique spectacle. C'est d'ailleurs ici que furent dispersées les cendres de Gandhi.

Finalement, on se lève ce matin-même avec aucun billet de train, ni de bus. On décide d'aller très tôt à la gare de bus pour essayer de tâter le terrain. Pas de bus pour Delhi aujourd'hui, mais un pour Lucknow. De là, très facile de rejoindre Delhi, nous dit-on. Mais il part dans trente minutes. On a le temps ! On court à la chambre, on fait nos sacs en vitesse, en priant le ciel que le gars de l'hôtel ne vienne pas vérifier la chambre avant qu'on parte, ce qui est parfois le cas. Car on l'a sévèrement maganée. Mon oreiller est mauve de peinture (malgré quatre douches), la salle de bains est mauve, ainsi que le plancher, quand même aussi. J'ai essayé de laver, mais ça ne part pas facilement. Ils doivent bien avoir des produits pour ça. Miracle, il nous laisse partir sans faire d'histoire, et on saute dans le bus pour Lucknow, d'ou j'écris en ce moment. Autre ville hautement touristique, bien entendu. Tout ce qu'il y a de blanc à Lucknow à part nous, c'est probablement l'édifice du Parlement de l'Uttar Pradesh. Quoiqu'il en soit, acheter un billet pour Delhi fut simple comme tout, et la route se continue vers 21h ce soir. D'ici là, quelque heures à tuer avec nos gros packs-sacs (même pas de cloack room au terminus).

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Une gentille famille de coquerelles habitait avec nous dans notre chambre à Allahabad. On leur a même donné des noms. Ne doutez pas de notre santé mentale, mais ici, vaut mieux prendre tous les tracas - grands ou petits - avec le sourire, sinon on ne s'en sortira jamais.

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Dans le bar de l'hôtel le plus luxueux d'Allahabad, ou nous sommes allés prendre un verre, un gros rat nous passe entre les jambes. Il se promène en plein milieu de la place, tranquille. Je me retourne pour voir la réaction des autres clients : tout le monde s'en fout éperduement. J'aime bien la façon dont les Indiens entretiennent leurs relations avec les animaux et autres bestioles. Chez nous, soit qu'on en fait des membres de la famille en les chouchoutant exagérément, soit qu'on le envoie à l'abattoir. Ici, tout le monde cohabite dans l'indifférence la plus totale. Les millions de chiens dans les rues n'ont pas la vie facile, mais les Indiens leur foutent la paix et leur laissent faire leurs assourdissants concerts tous les soirs. Idem pour les chèvres, vaches, sangliers et autres bêtes qu'on risque de croiser à chaque intersection. Un immense respect pour toutes ces formes de vie, en quelque sorte. Bien hâte d'aller voir le temple qui vénère le rats à Deshnoke, d'ailleurs. Ces gens-là ne feraient pas de mal à une mouche, et c'est bien vrai. Pour ce qui est des autres humains par contre, c'est souvent une autre histoire ...

Bon, assez philosophé moi-là, j'ai mal à la tête. Viens t'en Jo, lâche l'ordi. Il fait chaud, on va aller trouver un petit bar. :)

On se reparle à New Delhi !

Wednesday, March 19, 2008

Jaigaon

Il y a trois jours, nous sommes redescendus définitivement de la chaîne himalayenne pour rejoindre Siliguri. L'expérience du ''Toy Train'' fut formidable, en sillonant le nord du West Bengal par les plus hautes voies ferroviaires au monde. Imaginez un peu : huit heures pour quelque chose comme 80 km. Ça donne une idée de la vitesse de croisière.

Ok, mettons l'orgueil de côté et appellons un chat un chat : le petit saut au Bhoutan s'est soldé par un misérable échec. Jaigaon est une grosse bourgade située à quatre heures de bus de Siliguri. Rien de particulièrement intéressant ne s'y déroule, si ce n'est le fait que la ville est coupée en deux par le poste-frontière indo-bhoutanais. Ici, la plupart des véhicules sont immatriculés au Bhoutan, plusieurs hommes aux yeux bridés se promènent avec tunique, bas trois-quart et chapeaux étranges qui constituent le costume traditionnel bhoutanais. Qui plus est, on paye nos transactions en nguldrums, monnaie bhoutanaise. De l'autre côté du poste-frontière, on aperçoit le Bhoutan comme si on y était. Ses rues, ses véhicules, ses magasins, ses montagnes, ses gens. Le gros problème est la rumeur qui circule comme quoi il est possible d'y faire un saut de 24h sans visa ; tous les routards en parlent comme une vérité accomplie. Ça prenait quelqu'un qui se sacrifierait pour aller vérifier, et ce quelqu'un vous dit : c'est complètement faux. Impossible pour un étranger de pénétrer au Bhoutan par l'Inde sans avoir un visa émis par l'ambassade à New Delhi. Est-ce assez clair ? J'aurai au moins vu le Bhoutan, très bien même. De toute façon, nous avions du temps à tuer, et Jaigaon est le genre de ville qui s'avère particulièrement intéressante de par le fait qu'on y croise à peu près aucun touriste. Les seuls blancs que l'on aperçoit sont les troupes de têtes grises au porte-feuille bien garni qui foncent vers le poste-frontière à bord de leur bus nolisé aux vitres teintées. Ce qui fait en sorte que de se perdre en solo dans cette ville particulièrement authentique (et qui sent très mauvais, soyons francs) constitue en soi une expérience enrichissante.

Ok, maintenant nous sommes de retour (encore une fois) à Siliguri. Le Sikkim et Darjeeling sont situés géographiquement à une position qui fait en sorte que nous n'avons pas le choix de revenir sur nos pas. Un peu comme le jour de la marmotte ; mêmes hôtels, mêmes restos. Siliguri a la particularité de recevoir un bon flot de touristes, tout en n'ayant absolument rien à offrir d'autre que sa gare de bus et de train. Passage obligé vers le nord-est de l'Inde. Quoiqu'il en soit, il y a un peu d'action en ville ces jours-ci. Quelques moines tibétains ont pris d'assaut la ville pour protester contre le gouvernement chinois (j'ai cru comprendre que ça brassait à Lhassa). Nous sommes les deux seuls non-moines à occuper notre hôtel ces jours-ci. Sinon, nous partons après-demain pour Allahabad, qui est exactement à mi-chemin entre Siliguri et New Delhi. L'occasion de se gâter : il n'y avait plus de place à bord du train dans la classe sleeper populaire, nous allons donc tenter la classe 3A, pas mal plus confortable. Nous serons à New Delhi autour du 24 pour rejoindre Julie qui va faire trois semaines d'exploration du nord-ouest de l'Inde avec nous ! Julie, au nombre de Français que l'on croise ici (hallucinant), tu vas te sentir bien à l'aise ! :)

À part ça, j'ai tenté les barbiers indiens ce matin ; j'étais pas mal dû. Que dire à part le fait que la coupe de cheveux ne représente qu'une infime minorité de ce qu'ils vous font subir. Du lavage d'oreilles au massage de pieds en passant par le rasage de près à la fine lame. Toute une expérience en tout cas !! J'entends encore la raisonnance de mon crâne qui servait de tam-tam aux mains de la grosse brute bien sympathique.

Fek c'est ça pour l'instant !

Friday, March 14, 2008

Darjeeling

Le Bhoutan devra attendre un peu. Je suis enfin arrivé à Darjeeling-la-magnifique. Eh oui, la grève est finie ; nous avons donc sauté sur la première occasion pour venir y faire un tour. Que dire à part le fait que l'attente en valait le coup. Perchée dans les montagnes, cette ville de 500 000 habitants est tout simplement féérique. Ce matin, nous avons fait connaissance avec quelques familles de singes qui arpentent la ville à la recherche de nourriture, ou encore de public à qui exposer leurs pitreries. Le matin à l'aube, par ciel clair, il est possible d'apercevoir le sommet du Kanchenjunga, paraît-il. Darjeeling étant réputée mondialement pour son thé, il est bien sûr essentiel de prendre le temps de goûter aux fins arômes que nous offre la Reine des Montagnes. Sinon, la vie semble très tranquille ici. Rien à voir avec le chaos ambiant de l'Inde hors montagnes, si je puis le dire comme ça. Disons que je me suis pas mal habitué à la vie paisible là-haut, et aller à Delhi retrouver les chauffeurs de rickshaws, rabatteurs et autres crosseurs risque de représenter un second choc culturel.

Le Sikkim restera inoubliable. La veille de notre départ de Gangtok, je croise dans la rue ce bon vieux Suraj qui nous supplie d'aller faire un tour au bureau de l'agence. Toute l'équipe y est, nous dit-il, et on doit fêter notre départ du Sikkim et échanger nos adresses. Après les salamaleks d'usage, on me dit que la prochaine fois que je vais au Sikkim, il m'est interdit de me réserver une chambre d'hôtel. Tout le monde m'accueillera chez lui, à tour de rôle. Si un jour je me marrie, Bob (le directeur de l'agence) me conjure de venir passer ma lune de miel dans son coin de pays, et qu'il fera tout pour que ce soit le plus beau des séjours imaginables. Je le crois. Ce genre de promesse est monnaie courante en Inde, mais au Sikkim, c'est différent. Je sais qu'ils sont sincères. La planète est si grande à explorer que je ne retournerai probablement pas au Sikkim de sitôt, même si j'y ai trouvé un petit paradis avec des gens extraordinaires vivant au coeur de paysages inqualifiables. Et dire qu'on ne devait pas du tout y aller au départ, et que ce fut un plan B dû à la fermeture de Darjeeling. On y aura passé trois semaines ...

Dans deux jours, retour à Siliguri par le ''Toy Train'', inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, puis ce sera finalement le petit saut au Bhoutan. Ensuite, direction Delhi.

Seeya ! :)

Tuesday, March 11, 2008

De retour !

De retour à Gangtok qui est en train de devenir ma ville d'adoption ! Expérience palpitante si elle en fut une. Je ne sais même pas par ou commencer.

Revenons donc quelques jours en arrière. La veille du départ, nous rencontrons Rainer à l'agence de trekking. Allemand vivant en Suisse, début de la quarantaine, notre expédition l'intéresse et après avoir échangé un peu avec lui, c'est décidé, il part avec nous. Nous serons donc trois. Le type de l'agence nous avoue en toute honnêteté que nous sommes ses premiers clients, qu'il a ouvert la semaine d'avant, et qu'il mettra le paquet pour que nous soyons satisfaits. Je m'en doutais un peu, en voyant que j'avais la facture 001. Un peu inquiétant, mais je vois qu'il semble vraiment zélé et qu'il fera tout pour que notre expédition soit la plus agréable possible. De retour à l'hôtel, je retrouve la gang du premier trek qui boit un verre au resto, et de qui nous nous séparerons le lendemain. En fait, il ne reste plus qu'Eeva, Peteri, Alex et Jo mon fidèle compagnon, bien entendu ; Ralf et Pat étant partis explorer d'autres horizons. Je monte à ma chambre chercher un peu d'argent et je leur dis que je suis de retour dans trois minutes. De retour, je suis accueilli avec un gâteau sur lequel est indiqué mon nom et le chiffre 28 dessus. On me chante bonne fête, et tout le kit. Ça, je ne m'y attendais vraiment pas ! Quels gens extraordinaires. Mais ce n'était pas tout : Eeva a pris le temps de me tricotter des mitaines pour mon expédition, et Petteri m'a concocté une bouteille d'un petit drink typiquement finlandais. "Tu boiras ça là-haut, me dit-il, tu vas en avoir besoin". J'ai bien l'intention de populariser ce petit cocktail une fois de retour au Québec ; rien de plus efficace pour les soirées froides. Donc j'ai droit à un petit surprise party auquel je ne m'attendais pas du tout. Vraiment super !

Le lendemain matin à l'aube, nous faisons connaissance avec l'équipe qui nous accompagnera. Jigmee est le guide principal. Il n'a que 25 ans, mais sept ans d'expérience dans la région. Suraj sera son assistant : 23 ans, sourire permanent dans le visage. Ce sera son premier trek, il est là pour apprendre. Suraj a soif d'Occident et de heavy métal : le corps recouvert de tatous, il peut chanter par coeur toutes les paroles de Pantera, System of a Down ou Iron Maiden même s'il ne comprend strictement rien. Ça y est, je pense que je vais m'entendre à merveille avec lui. Avant de partir, je lis des articles qui sont imprimés et collés sur le mur du bureau de l'agence. Récemment, deux Indiens du West Bengal sont décédés d'une embolie pulmonaire dûe au mal des hauteurs. Rassurant. Jigmee nous dit que l'an dernier, un guide et deux Allemands sont partis faire le même parcours que nous, et on n'a jamais eu de nouvelles d'eux depuis. Encore plus rassurant. Comme l'impression qu'on les retrouvera au rayon des surgelés ceux-là.

Bon, disons que je ne raconterai pas tout le trek en détails, à part peut-être le fait que, comme d'habitude, les choses n'ont pas tourné comme prévu. Nous n'avons pas pu monter plus au nord que Dzongri (environ 4500 mètres), pour cause de neige trop abondante. Monter ne poserait pas trop de problèmes, c'est surtout redescendre ; beaucoup de glace et des dénivellations atteignant parfois 80 degrés. Est-ce que je recommencerais demain matin ? Jamais. Ce fut parfois très pénible. Je me rappellerai toujours de ces deux nuits à Dzongri, là ou nous étions coincés. Dormant sur des lits de paille dans une espèce de hutte, j'ai bien pensé que je mourrais de froid. Il faisait environ -15 dehors, et bizarrement, encore plus froid en dedans. Je suis toutefois bien content d'avoir relevé ce défi. Un des symptomes les plus fréquents du mal de l'altitude est l'insomnie ; disons que j'y ai goûté à merveille. Une moyenne de deux heures de sommeil par nuit, à lutter contre le froid et à me demander ce que je fous là. Une nuit ou j'ai dû sortir pour soulager ma vessie, j'ai eu droit à un spectacle incroyable. Bien sûr il y avait ces milliers d'étoiles qu'aucune lumière urbaine ne distortionnait, mais le ciel clignotait au loin, comme si des obus tombaient à quelques kilomètres de là. Je suis resté un bon 15 minutes à contempler ce spectacle unique. Je pense que c'est un phénomène dû à l'altitude; je ne sais pas trop. Suraj a tenté de m'expliquer, mais moi et l'esprit scientifique, ça fait deux. Et puis, parfois je n'aime pas les explications rationnelles. Le troisième ou quatrième jour (je ne sais plus trop), nous sommes tirés du lit à 4h30 par Jigmee. Nous devons absolument monter sur un sommet à 30 minutes de marche de notre camp pour voir le lever du soleil. Ok d'abord ! Le plus beau spectacle que j'aie vu de toute ma vie. Devant nous se dressait une montagne de 7400 mètres, la luminosité était parfaite, et à mesure que le soleil se pointait, nous pouvions contempler ces sommets enneigés qui se dressaient à l'infini devant nous, sur des centaines de kilomètres. Tellement beau que j'oubliais à quel point je me les gelais. Puis quand le soleil est finalement apparu, ses chauds rayons ont tôt fait de nous réchauffer. Jamais je n'avais été si près de lui, comme si j'avais juste à tendre la main pour le chatouiller un peu. Après Dzongri, Jigmee nous annonce donc que les projets changent. Nous finirons le séjour en faisant le trek des monastères, en redescendant tranquillement vers Yuksom (point de départ) lors des prochains jours. Personnellement, ça me convient parfaitement, j'ai froid malgré mes sept épaisseurs, j'ai contemplé les plus hauts sommets du monde, je suis satisfait. Jo est déçu, il voulait monter plus haut. Mais il m'avouera à la fin du trek qu'il ne regrette aucunement le changement de plan, puisque la route des monastères nous a donné l'occasion de voir des paysages absolument incroyables, encore une fois. C'était hallucinant là-haut aussi, mais plus monotone et moins varié.

C'était aussi de traverser tous ces minuscules villages complètement isolés, près desquels absolument aucune route ne passe, et là ou vivent paisiblement quelques familles. J'ai aussi appris qu'il n'y a que moi qui suis capable de me perdre dans un village de 300 habitants.

Le jour de mon anniversaire, j'atteins à l'aube le plus haut sommet que je n'aie jamais gravi. Jigmee sort une bouteille de brandy, me donne un foulard semblable aux drapeaux à prières bouddhistes, et me souhaite bon anniversaire. Nous trinquons tous ensemble à 4300 mètres (pas trop quand même), et je me dis que c'est sans aucun doute le plus inusité des anniversaires que je n'aurai jamais.

Nous étions trois équipes à plus ou moins suivre le même parcours. On se rencontrait parfois à des haltes, pour faire une pause-thé. Disons que notre groupe se distinguait pas mal des autres. Les autres étaient tous équipés pour des centaines et des centaines de dollars, technologie dernier cri, sérieux comme des contrôleurs fiscaux; ces gens-là ne semblaient pas être là pour s'amuser. Moi, Jo et Rainer sommes plutôt du genre bons vivants : la bouteille de rhum n'était jamais bien loin, ça fumait pas mal et disons-le, nous n'étions pas super bien équipés. Ironie du sort : les deux autres groupes ont abandonné bien avant nous. Dans la première équipe, un monsieur est tombé malade et ils ont dû redescendre (seul médication contre le mal de l'altitude). Dans la deuxième équipe, une dame et un ..... porteur sont tombés malades, et ils ont dû redescendre à leur tour. Nous, pas de problème, nous voulions encore monter et le staff se portait à merveille, tout comme nous. Jigmee n'en revenait tout simplement pas ; il nous regardait comme des extra-terrestres et nous a avoué bien humblement qu'il avait rarement vu une équipe comme la nôtre aussi bien tenir le coup. Il nous dit à quel point il est bien avec nous et qu'il ne nous oubliera pas de sitôt ! Le premier jour, il nous tend une cigarette grossièrement roulée. Pour lutter contre le mal de l'altitude, dit-il, rien de tel. Une cigarette??? "No, no, ganja". Ah ben cibole !
- Je n'en offre pas aux touristes d'habitude, mais avec vous, c'est différent. On le fume?
- Jamais de la vie. Je ne touche pas à ça, bien entendu.
- Moi non plus, répond Jigmee. Je ne fume pas à Gangtok, seulement en montagne. Ça fait des miracles, je te dis.
- Ok d'abord. Ça tombe bien, moi aussi je fume seulement quand je suis dans l'Himalaya.
Faut dire que Rainer a abusé du concept de sous-équipement. Je ne sais pas ou il s'imaginait qu'on s'en allait, davantage à un mariage qu'à un trekking probablement. Toujours est-il que ce pauvre Rainer a descendu une partie du mont jouxtant Dzongri sur le cul. Amusant. Mais les souliers à crampon sont indispensables. Peut-être que je parais un peu irresponsable en racontant tout ça, mais je me suis lancé dans ce trekking comme je l'ai fait pour ce voyage : sans trop de préparation, on plonge et advienne que pourra. Jusqu'ici, ça m'a très bien servi, et ce fut le cas une fois de plus.

Cette expédition ou on se sent seul au monde donne l'occasion de réfléchir, de faire le point. Le soir, il n'y avait absolument rien à faire, à part penser, lire (à la lampe de poche!) et tiens, pourquoi pas méditer avec les mentras que Suraj et Jigmee nous ont enseigné.

Les yacks sont de bien braves bêtes. Armés de leur cloche au cou, il faut les voir transporter des charges incroyables sans jamais broncher, réguliers comme des métronomes et affrontant des climats rudes qui n'ont rien à envier à ceux du Québec. Ils étaient parfois si rapides qu'il valait mieux se tasser de leur chemin, si on ne voulait pas avoir deux marques de cornes imprimées sur le postérieur. J'ai baptisé le mien Martial. Un fort caractère, très rebelle mains consciencieux.

Notre cuisinier était tout un personnage. Environ 25 ans, l'air un peu perdu, parle tout seul, sale gueule de bum. Mais je ne pense pas mentir en disant que je n'ai probablement jamais aussi bien mangé que cette semaine. Très créatif le mec, le menu ne s'est pas répété une seule fois. Momos par-ci, pain tibétain par-là, soupes et salades excellentes. C'était parfois beaucoup trop ; un soir, j'ai dû carrément refuser de souper. Quand ça ne rentre plus, ça ne rentre plus. Le dernier soir, pour remercier cette formidable équipe, nous invitons toute la gang au seul bar de Tashiding (destination finale) et Rainer, moi et Jo s'occupons de la facture. Petite note sur ce bar... C'était assez surréaliste. Ça faisait des jours que nous n'avions vu à peu près aucune civilisation, et nous découvrons cette hutte sur le bord d'une petite route, et sur laquelle est indiqué "Bar". Nous rentrons, pour trouver un décor absolument très moderne, avec Manu Chao comme trame sonore et à peu près toutes les marques d'alcool imaginables derrière le comptoir fait tout en mirroir. Décidément ... C'était également l'occasion de faire connaissance avec la thomba, fameuse bière tibétaine. On nous sert une peinte en bambou dans laquelle repose seulement du millet, sembable à de l'orge. Ensuite, on verse de l'eau bouillante dedans, et le processus de fermentation express fait son oeuvre. On attend cinq minutes, et le mélange se transforme en alcool. Ça me rappelle presque Jésus ... On peut remettre de l'eau trois ou quatre fois. Excellent!!

Suraj me promet que d'ici cinq ans, il viendra vivre au Canada pour s'ouvrir son propre magasin de tatouage, et il me fera mon prochain grtuitement. Bonne chance Suraj !

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Rencontré deux Québécois ici à Gangtok, Max et Hélène. Ça fait du bien de parler un peu dans sa langue avec d'autres personnes, j'ai quasiment peur de perdre mon français. Je me suis inquiété durant le trekking, quand je me suis surpris à penser en anglais ... Ouf! Max et Hélène sont une bouffée d'air frais.

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Je m'ennuie des gens que j'aime, mais pas de notre mode de vie "course-contre-ne-sais-pas-trop-quoi-au-juste", ou la vie se déroule essentiellement entre le bureau et le centre d'achats. Juste d'y penser, ça me donne des frissons. Mais bon, je me prépare mentalement à y faire face un jour ...

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Dans deux jours, nous faisons un saut au Bhoutan. Un des pays les plus fermés au monde. Impossible d'y voyager en individuel, et ça coûte 200$ US par jour simplement pour le privilège d'être sur ce territoire. Qu'à cela ne tienne, depuis 2001, c'est possible d'y faire un arrêt de 24 heures et ce, complètement gratuitement. Je ne peux pas rater cette occasion.