Ho Chi Minh - Hong Kong - Chicago - Montréal. J'atteris jeudi soir un peu avant 22h.
Fin de cette aventure, donc. À moins qu'il ne se passe quelque chose d'exceptionnel, ceci sera mon dernier message outre-mer. J'ai encore le nez bien trop collé sur l'expérience pour en faire un bilan quelconque. Au retour peut-être, si je me sens inspiré. Comment je me sens ? À la fois content et triste. Content de rentrer; quatre mois et demi, c'est amplement suffisant. Mais je suis également conscient que c'est la fin d'une expérience inoubliable, et que je ne revivrai probablement pas ça très souvent dans ma vie. Quoique ... Le prochain projet du genre commence déjà à mijoter dans ma tête. Je pense que le ''backpacking'' est une maladie incurable.
Mais bon, avant de penser à tout ça, on va commencer par rentrer.
Merci d'avoir eu la patience de me lire durant tous ces mois.
C'est la fin. On se revoit à Montréal !
Monday, May 12, 2008
Sunday, May 11, 2008
Saigon II
Revenons donc un peu plus de vingt-quatre heures en arrière. Lorsque le bus fait son entrée dans Saigon, je constate que nous traversons le quartier de Phan Ngu Lao, et c'est exactement là que je désirais loger : beaucoup de restos, bars et hôtels bon marché. Ça tombe bien, le chauffeur nous demande justement s'il y en a parmi nous qui souhaitent s'arrêter ici plutôt qu'au terminus. Je débarque donc avec quatre ou cinq autres personnes. Trouver un endroit où loger fut, comme d'habitude, très facile. Je me suis dégoté une adorable petite guesthouse familiale où l'on se sent automatiquement chez soi : le petit bébé qui joue au milieu du hall d'entrée, le père qui gosse sur internet dans le salon, la maman à la cuisine qui prépare les repas (''demain midi je mange avec vous'', que j'ai promis). Je pense être le seul client de la place, et j'ai droit à toutes les petites attentions.
Pour 10$US, c'est un véritable petit palace que l'on m'offre, si on compare à ma petite chambre de Phnom Penh : air climatisé, mini-bar (mais ça c'est sournois pour la facture finale, j'évite pour l'instant), télévision. Tiens, parlant de télévision, j'ai accès à TV5 Monde pour la première fois depuis le début du voyage. Hier, je me suis tapé le bulletin de nouvelles de la SRC. L'animateur Sébastien Bovet articulait tellement trop que je me suis dit qu'il s'agissait sans doute d'une édition ''internationale''. Bingo ! Le générique me le confirmera. Puis, avant d'aller au dodo, je tombe sur Guy A. et Sylvie dans ''Un gars, une fille''... sous-titré ! Mais c'était bien d'écouter ça.
Etre seul change l'atmosphère à 100%, évidemment. Je ne regrette pas une seconde d'avoir tenté l'expérience. Mais j'ai bien eu peur que ça n'arrive pas : durant le trajet de bus, j'ai fraternisé avec un sympathique type de Victoria, BC. Son voyage commencait tout juste et il semblait un peu stressé de débarquer à Saigon. Je craignais qu'il me propose que l'on se cherche un hôtel ensemble, mais j'avais préparé le terrain : durant le trajet, j'ai pris soin de mentionner à quelques reprises combien le fait de débarquer seul dans cette ville de sept millions d'habitants m'enthousiasmait et que j'étais content d'essayer ça. Ça a porté fruit : la proposition n'est jamais arrivée.
Sinon, le plus gros inconvénient concerne mon sens de l'orientation absolument inexistant. Celui de Jonathan était quand même assez bon : on pouvait partir explorer une ville les yeux fermés. Alors que maintenant, la moindre petite marche me demande un très gros effort de concentration, mais on s'en sort ! Je n'ai pas le choix de toute façon, je prends ça comme une pratique pour mon prochain gros projet où je partirai seul, cette fois-là.
Au niveau gastronomique, je suis carrément au paradis ici. Je suis un très grand fan des soupes ''Pho'', ou tonkinoises, ainsi que des rouleaux printanniers frais, pas les frits, mais ceux que l'on se fait servir enroulés dans une mince pâte de riz transparente. J'abuse pas mal de ces deux plats jusqu'à maintenant ; je ne pense pas avoir mangé autre chose. Ce soir, on va essayer de varier un peu : la cuisine vietnamienne semble avoir plusieurs autres très bons trucs à offrir. La plus grande déception est toutefois quand ces rouleaux arrivent frits, du genre resto chinois québécois, mais ce n'est arrivé qu'une seule fois jusqu'à maintenant.
-
Dire que je capotais parce que la devise du riel cambodgien donnait lieu à des montants ridiculement élevés. Je n'avais rien vu. Bienvenue au pays des dongs ! Un dollar = 16 000 dongs ! Limite de retrait de deux millions par jour dans les guichets automatiques. Un bon petit repas avec une bière me coute quelque chose comme 120 000 dongs. Mais c'est le même phénomène qu'au Cambodge : les dongs et les dollars US sont utilisés parallèlement. Hier, je vais au dépanneur pour me procurer les magazines Time et The Economist (seul au resto, j'aime bien avoir des trucs à lire). Suspense, suspense, dans quelle devise me demandera-t-on de payer ? La fille me dit 6$ US. Parfait, je lui donne un 20. Ensuite, elle sort sa calculatrice, s'arrache les cheveux, appelle son frère à l'aide, tout ça pour savoir combien de dongs elle doit me redonner, avec le taux de change actuel et tout. Compliqué, vous dites? Elle m'a redonné une couple de 100 000, là. Sinon, ils sont pas mal tatillons sur la qualité des billets. La dame qui m'a fait du change à la frontière (et qui m'a un peu crossé, on va se l'avouer) m'a refilé un billet de 50 000 avec une légère déchirure sur le haut. Je n'arrive pas à le passer nul part, meme en essayant de jouer au prestidigitateur. Ils s'en rendent compte sur-le-champ. Ils me disent d'aller dans une banque et on me le changera ; on verra si j'ai le temps. C'est quand même juste 3$, au pire je le garderai dans ma collection d'argent, qu'il faudrait bien que je commence un jour. En tout cas, ça s'en vient un peu mêlant tout ça : en moins d'un mois, il a fallu apprendre à composer avec les roupies, les bahts, les riels, les dongs et les dollars US. Rentrer à la maison, ce sera comme prendre des vacances, finalement.
-
Autre petit changement : l'écriture utilsée au Viet-Nam est exactement la même que chez nous. Tiens c'est vrai, je n'avais jamais remarqué. Bon, il y a quelques variations bizarres comme des cédilles sous les ''o''. Ça n'aide toutefois en rien à mieux comprendre, mais contrairement au thai ou à l'hindi, on peut au moins prononcer, ou tenter de le faire. Et pour se remémorer un nom de rue ou de resto, c'est bien !
-
Demain, visite du musée Cu Chi, ou un truc comme ça, et qui concerne l'histoire de la Guerre du Viet-Nam. C'est situé un peu en-dehors de la ville. Il paraît que c'est presque aussi insupportable que ce que nous avons vu au Cambodge. Je ne vais pas voir ces trucs par voyeurisme macabre, mais pour tenter de mieux comprendre ces événements, ces conflits, ces régimes. Ensuite, je compte aller me perdre un peu dans le quartier chinois (qui est très bien, parait-il) dans l'espoir de manger des dim sum. Finalement, un petit tour du coté du marché Ben Thanh, espèce de lieu chaotique ou l'on vend absolument tout, des chiens dépecés ''prêts-a-manger'' aux paires de Air Jordan contrefaites. J'avais adoré l'ambiance de celui de Phonm Penh, alors on remet ça !
À bientot ...
Pour 10$US, c'est un véritable petit palace que l'on m'offre, si on compare à ma petite chambre de Phnom Penh : air climatisé, mini-bar (mais ça c'est sournois pour la facture finale, j'évite pour l'instant), télévision. Tiens, parlant de télévision, j'ai accès à TV5 Monde pour la première fois depuis le début du voyage. Hier, je me suis tapé le bulletin de nouvelles de la SRC. L'animateur Sébastien Bovet articulait tellement trop que je me suis dit qu'il s'agissait sans doute d'une édition ''internationale''. Bingo ! Le générique me le confirmera. Puis, avant d'aller au dodo, je tombe sur Guy A. et Sylvie dans ''Un gars, une fille''... sous-titré ! Mais c'était bien d'écouter ça.
Etre seul change l'atmosphère à 100%, évidemment. Je ne regrette pas une seconde d'avoir tenté l'expérience. Mais j'ai bien eu peur que ça n'arrive pas : durant le trajet de bus, j'ai fraternisé avec un sympathique type de Victoria, BC. Son voyage commencait tout juste et il semblait un peu stressé de débarquer à Saigon. Je craignais qu'il me propose que l'on se cherche un hôtel ensemble, mais j'avais préparé le terrain : durant le trajet, j'ai pris soin de mentionner à quelques reprises combien le fait de débarquer seul dans cette ville de sept millions d'habitants m'enthousiasmait et que j'étais content d'essayer ça. Ça a porté fruit : la proposition n'est jamais arrivée.
Sinon, le plus gros inconvénient concerne mon sens de l'orientation absolument inexistant. Celui de Jonathan était quand même assez bon : on pouvait partir explorer une ville les yeux fermés. Alors que maintenant, la moindre petite marche me demande un très gros effort de concentration, mais on s'en sort ! Je n'ai pas le choix de toute façon, je prends ça comme une pratique pour mon prochain gros projet où je partirai seul, cette fois-là.
Au niveau gastronomique, je suis carrément au paradis ici. Je suis un très grand fan des soupes ''Pho'', ou tonkinoises, ainsi que des rouleaux printanniers frais, pas les frits, mais ceux que l'on se fait servir enroulés dans une mince pâte de riz transparente. J'abuse pas mal de ces deux plats jusqu'à maintenant ; je ne pense pas avoir mangé autre chose. Ce soir, on va essayer de varier un peu : la cuisine vietnamienne semble avoir plusieurs autres très bons trucs à offrir. La plus grande déception est toutefois quand ces rouleaux arrivent frits, du genre resto chinois québécois, mais ce n'est arrivé qu'une seule fois jusqu'à maintenant.
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Dire que je capotais parce que la devise du riel cambodgien donnait lieu à des montants ridiculement élevés. Je n'avais rien vu. Bienvenue au pays des dongs ! Un dollar = 16 000 dongs ! Limite de retrait de deux millions par jour dans les guichets automatiques. Un bon petit repas avec une bière me coute quelque chose comme 120 000 dongs. Mais c'est le même phénomène qu'au Cambodge : les dongs et les dollars US sont utilisés parallèlement. Hier, je vais au dépanneur pour me procurer les magazines Time et The Economist (seul au resto, j'aime bien avoir des trucs à lire). Suspense, suspense, dans quelle devise me demandera-t-on de payer ? La fille me dit 6$ US. Parfait, je lui donne un 20. Ensuite, elle sort sa calculatrice, s'arrache les cheveux, appelle son frère à l'aide, tout ça pour savoir combien de dongs elle doit me redonner, avec le taux de change actuel et tout. Compliqué, vous dites? Elle m'a redonné une couple de 100 000, là. Sinon, ils sont pas mal tatillons sur la qualité des billets. La dame qui m'a fait du change à la frontière (et qui m'a un peu crossé, on va se l'avouer) m'a refilé un billet de 50 000 avec une légère déchirure sur le haut. Je n'arrive pas à le passer nul part, meme en essayant de jouer au prestidigitateur. Ils s'en rendent compte sur-le-champ. Ils me disent d'aller dans une banque et on me le changera ; on verra si j'ai le temps. C'est quand même juste 3$, au pire je le garderai dans ma collection d'argent, qu'il faudrait bien que je commence un jour. En tout cas, ça s'en vient un peu mêlant tout ça : en moins d'un mois, il a fallu apprendre à composer avec les roupies, les bahts, les riels, les dongs et les dollars US. Rentrer à la maison, ce sera comme prendre des vacances, finalement.
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Autre petit changement : l'écriture utilsée au Viet-Nam est exactement la même que chez nous. Tiens c'est vrai, je n'avais jamais remarqué. Bon, il y a quelques variations bizarres comme des cédilles sous les ''o''. Ça n'aide toutefois en rien à mieux comprendre, mais contrairement au thai ou à l'hindi, on peut au moins prononcer, ou tenter de le faire. Et pour se remémorer un nom de rue ou de resto, c'est bien !
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Demain, visite du musée Cu Chi, ou un truc comme ça, et qui concerne l'histoire de la Guerre du Viet-Nam. C'est situé un peu en-dehors de la ville. Il paraît que c'est presque aussi insupportable que ce que nous avons vu au Cambodge. Je ne vais pas voir ces trucs par voyeurisme macabre, mais pour tenter de mieux comprendre ces événements, ces conflits, ces régimes. Ensuite, je compte aller me perdre un peu dans le quartier chinois (qui est très bien, parait-il) dans l'espoir de manger des dim sum. Finalement, un petit tour du coté du marché Ben Thanh, espèce de lieu chaotique ou l'on vend absolument tout, des chiens dépecés ''prêts-a-manger'' aux paires de Air Jordan contrefaites. J'avais adoré l'ambiance de celui de Phonm Penh, alors on remet ça !
À bientot ...
Saturday, May 10, 2008
Saigon I
La ville s'appelle Ho Chi Minh Ville depuis une bonne trentaine d'années, mais tout le monde continue de dire Saigon. Je ferai donc pareil.
Juste pour vous donner une idée, je me trouve en ce moment à 100 mètres de cette intersection :
http://www.youtube.com/watch?v=1dqibvh96Og
Et ce n'est pas si compliqué à traverser. Surtout, aucun geste brusque. Il faut être lents et prévisibles. Ils finiront toujours par vous contourner. On peut louer une petite moto pour 5$ par jour. Une autre fois, peut-être ?
Je reviendrai ce soir ou demain pour raconter mes (excellentes) premières impressions sur cette ville et ce pays.
++
Juste pour vous donner une idée, je me trouve en ce moment à 100 mètres de cette intersection :
http://www.youtube.com/watch?v=1dqibvh96Og
Et ce n'est pas si compliqué à traverser. Surtout, aucun geste brusque. Il faut être lents et prévisibles. Ils finiront toujours par vous contourner. On peut louer une petite moto pour 5$ par jour. Une autre fois, peut-être ?
Je reviendrai ce soir ou demain pour raconter mes (excellentes) premières impressions sur cette ville et ce pays.
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Friday, May 9, 2008
Phnom Penh II
Deuxième message aujourd'hui. Je suis en feu.
Aujourd'hui étant mon dernier jour au Cambodge, j'en profite pour faire une longue tournée de la ville à pieds, accompagné bien sûr de Jo et Thi. Bien contents d'être avec cette dernière, qui, maîtrisant évidemment la langue locale, nous épargne pas mal de niaisage et de sollicitations, même si de ce côté-là, ça n'a rien à voir avec l'Inde. Donc ce soir on se permettra un resto de luxe quelque part au centre de la ville, sur les rives du Mékong, pour ''fêter'' la fin de cette collaboration de plus de quatre mois. Je quitte pour le Viêt-Nam demain matin vers 6h30. Et le hasard faisant trop bien les choses, mon état de santé est maintenant à 99% rétabli. Tout est allé très vite. Je viens sans doute de finir de digérer l'Inde. Mais comme pour ce pays, je pense bien revenir au Cambodge. Gens absolument merveilleux et généreux. Suis-je trop sentimental ? Toujours si difficile de quitter un pays ...
-
Dans la chronique ''J'ai testé pour vous", que je viens d'inventer : la poutine cambodgienne. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, dans le menu du resto de la guesthouse, la présence de ce St-Graal Québécois. Avec une définition en plus : "Mets typiquement québécois composé de frites, de sauce ''gravy'' et de fromage. Non, nous n'avons rien de Québécois, mais nous l'avons essayé une fois et on le garde sur le menu à cause de la demande générale." Il faut dire qu'ils ont de l'humour dans leur menu, et que chaque plat est décrit un peu de cette façon. Bon, le résultat ? Pas tout à fait La Banquise, mais les cafétérias de nos écoles secondaires peuvent aller se rhabiller ! Vraiment vraiment très bonne.
-
Dans les clubs de Phnom Penh, lorsqu'une envie de soulager nos boyaux nous prend après quelques consommations, autre surprise locale : il y a des masseurs proposant leurs services (ou sévices, au choix) pendant que vous accomplissez votre noble tâche. Très peu pour moi merci, mais pour ceux qui ont la vessie capricieuse en public, à essayer, je suppose. Nous vivons dans un monde étrange ...
-
Les Khmers, ou Cambodgiens si vous préférez, sont passés maîtres dans l'art de la copie. Beaucoup plus que les Thaïs, qui jouissent eux-mêmes d'une bonne réputation dans le domaine. Tous les romans, revues, guides, CD, DVD sont vendus ici à prix absolument dérisoires. Je me demandais pourquoi mon Lonely Planet du Viêt-Nam ne m'avait coûté que 2$US. Quand la reliure a menacé de céder entre mes mains dès la première consultation, j'ai compris. Mais les copies sont néanmoins assez bien faites. Tout comme pour les revues The Economist et Newsweek que je me suis procurées aujourd'hui. Mais ça ne battra jamais les chaînes de resto : pour une raison inconnue, aucune chaîne internationale n'est présente ici. Mais attention : le Big Burger -logo 100% identique à celui de Burger King- et le My Burger, même M arché que McDo, veillent patiemment sur vos potentielles ulcères d'estomac.
-
Toujours dans la catégorie en vrac, pour finir : en dehors de Phnom Penh, toutes les maisons cambodgiennes sont construites à quelques mètres du sol, sur pilotis. La raison : empêcher les serpents d'entrer. Leurs morsures constituent la première cause de décès ''non-naturelle'' au pays. Watch out !
-
Je me suis fait reprocher d'avoir rebaptisé mon blog d'un nom anglophone. Connaissez pas les Dead Kennedys ? ;)
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Bon, assez parlé pour aujourd'hui, et il y a trop de lézards sur le clavier.
Tchelo !
Aujourd'hui étant mon dernier jour au Cambodge, j'en profite pour faire une longue tournée de la ville à pieds, accompagné bien sûr de Jo et Thi. Bien contents d'être avec cette dernière, qui, maîtrisant évidemment la langue locale, nous épargne pas mal de niaisage et de sollicitations, même si de ce côté-là, ça n'a rien à voir avec l'Inde. Donc ce soir on se permettra un resto de luxe quelque part au centre de la ville, sur les rives du Mékong, pour ''fêter'' la fin de cette collaboration de plus de quatre mois. Je quitte pour le Viêt-Nam demain matin vers 6h30. Et le hasard faisant trop bien les choses, mon état de santé est maintenant à 99% rétabli. Tout est allé très vite. Je viens sans doute de finir de digérer l'Inde. Mais comme pour ce pays, je pense bien revenir au Cambodge. Gens absolument merveilleux et généreux. Suis-je trop sentimental ? Toujours si difficile de quitter un pays ...
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Dans la chronique ''J'ai testé pour vous", que je viens d'inventer : la poutine cambodgienne. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, dans le menu du resto de la guesthouse, la présence de ce St-Graal Québécois. Avec une définition en plus : "Mets typiquement québécois composé de frites, de sauce ''gravy'' et de fromage. Non, nous n'avons rien de Québécois, mais nous l'avons essayé une fois et on le garde sur le menu à cause de la demande générale." Il faut dire qu'ils ont de l'humour dans leur menu, et que chaque plat est décrit un peu de cette façon. Bon, le résultat ? Pas tout à fait La Banquise, mais les cafétérias de nos écoles secondaires peuvent aller se rhabiller ! Vraiment vraiment très bonne.
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Dans les clubs de Phnom Penh, lorsqu'une envie de soulager nos boyaux nous prend après quelques consommations, autre surprise locale : il y a des masseurs proposant leurs services (ou sévices, au choix) pendant que vous accomplissez votre noble tâche. Très peu pour moi merci, mais pour ceux qui ont la vessie capricieuse en public, à essayer, je suppose. Nous vivons dans un monde étrange ...
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Les Khmers, ou Cambodgiens si vous préférez, sont passés maîtres dans l'art de la copie. Beaucoup plus que les Thaïs, qui jouissent eux-mêmes d'une bonne réputation dans le domaine. Tous les romans, revues, guides, CD, DVD sont vendus ici à prix absolument dérisoires. Je me demandais pourquoi mon Lonely Planet du Viêt-Nam ne m'avait coûté que 2$US. Quand la reliure a menacé de céder entre mes mains dès la première consultation, j'ai compris. Mais les copies sont néanmoins assez bien faites. Tout comme pour les revues The Economist et Newsweek que je me suis procurées aujourd'hui. Mais ça ne battra jamais les chaînes de resto : pour une raison inconnue, aucune chaîne internationale n'est présente ici. Mais attention : le Big Burger -logo 100% identique à celui de Burger King- et le My Burger, même M arché que McDo, veillent patiemment sur vos potentielles ulcères d'estomac.
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Toujours dans la catégorie en vrac, pour finir : en dehors de Phnom Penh, toutes les maisons cambodgiennes sont construites à quelques mètres du sol, sur pilotis. La raison : empêcher les serpents d'entrer. Leurs morsures constituent la première cause de décès ''non-naturelle'' au pays. Watch out !
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Je me suis fait reprocher d'avoir rebaptisé mon blog d'un nom anglophone. Connaissez pas les Dead Kennedys ? ;)
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Bon, assez parlé pour aujourd'hui, et il y a trop de lézards sur le clavier.
Tchelo !
Choeung Ek - Tuol Sleng
J'aurais également pu intituler ce post ''tourisme de la mort''. Hier fut une journée forte en émotions, ayant sur notre itinéraire la visite de deux sites hautement syboliques en ce qui concerne le régime de terreur des Khmers Rouges.
Premier arrêt : Choeung Ek, ou encore les ''Killing Fields''. Ici furent emportés des milliers de Cambodgiens n'ayant pour seul destin que l'exécution sommaire, à coup de moyens rudiementaires bien souvent ; il fallait économiser les précieuses balles. 17 000 personnes y passèrent entre 1975 et 1978. Les restes d'environ 9000 d'entre eux furent découverts en 1980, et leurs crânes sont aujourd'hui exposés, nous regardant en plein visage, ayant l'air de nous supplier de ne jamais les oublier. Un monument d'environ une vingtaine de mètres de haut se trouve face à nous dès l'entrée sur le site, et ces crânes, divisés en catégories d'âge et de sexe, nous font face sur plusieurs étages. Dessous reposent leurs vêtements. Une fois le recueillement terminé, nous sommes invités à visiter d'autres endroits tout aussi macabres -extérieurs cette fois-ci- comme les lieux des charniers qui sont aujourd'hui de nouveau envahis par une nature, mais jeune et fragile. Tout à côté trône ''l'arbre de la torture'', sur lequel on attachait les enfants et bébés en les battant à mort devant les yeux suppliant de leurs mères, qui elles-mêmes se transformeraient en cadavres quelques moments plus tard de toute façon.
Après la visite de ce site, on devait se rendre directement à Tuol Sleng, mais pour l'instant j'en avais assez vu. Une virée au marché était au programme de la journee, et j' ai préféré passer à cette étape histoire de laisser retomber un peu la poussière. Deux heures et quelques achats plus tard, nous voila donc à Tuol Sleng. École secondaire transformée en centre de détention par les Khmers Rouges dès leur prise du pouvoir, qu'ils rebaptisèrent humblement l'An Zéro. En fait, les 17 000 personnes mortes à Choeung Ek ont fait leur "stage" ici avant, si je puis me permettre l'expression. De ce nombre, sept d'entre eux ont survécu. Et lorsque les Viet-Namiens sont venus libérer la ville en 1979, on tortura à mort les quatorze prisonniers qui étaient dans l'établissement. Chaque cellule est demeurée intacte, avec les lits et les instruments de torture, avec en plus une photo qui montre l'état des cadavres au moment de leur découverte. Les restes de ces quatorze malheureux reposent symboliquement dans ce qui fut jadis une cour d'école, juste à côté de la barre à gymnastique transformée en outil de pendaison. Mais ce n'est pas tout. Les Khmers Rouges prenaient en photo toutes les victimes de leur régime une fois entre leurs griffes. Des dizaines de milliers de visages sont donc exposés dans les diverses pièces de Tuol Sleng, si bien qu'après un moment, ça devient complètement insupportable. Impossible de ne pas réprimer un sanglot ou une boule dans la gorge en voyant tous ces regards complètement désespérés, sachant très bien ce qui les attend. Je vous épargne tout le reste. Mais entre autres : instruments de tortures exposés, dont de gros récipients d'eau dans lesquels on plongeait les victimes par la tête, pieds attachés, juste assez longtemps pour simuler la noyade, afin de soutirer des confessions ou des délations. Pauvre eux, ils étaient exécutés sur-le-champ par après, confession ou pas. Tiens, une petite pensée pour nos amis Américains à Bahia Guantanamo ici, qui revendiquent fièrement le droit, qu'ils prendront de toute façon, d'utiliser encore cette technique. Bref, impossible de ne pas sortir de ces visites complètement à l'envers. Imaginez la nature humaine dans ce qu'elle a de pire. Maintenant, imaginez dix fois pire.
Premier arrêt : Choeung Ek, ou encore les ''Killing Fields''. Ici furent emportés des milliers de Cambodgiens n'ayant pour seul destin que l'exécution sommaire, à coup de moyens rudiementaires bien souvent ; il fallait économiser les précieuses balles. 17 000 personnes y passèrent entre 1975 et 1978. Les restes d'environ 9000 d'entre eux furent découverts en 1980, et leurs crânes sont aujourd'hui exposés, nous regardant en plein visage, ayant l'air de nous supplier de ne jamais les oublier. Un monument d'environ une vingtaine de mètres de haut se trouve face à nous dès l'entrée sur le site, et ces crânes, divisés en catégories d'âge et de sexe, nous font face sur plusieurs étages. Dessous reposent leurs vêtements. Une fois le recueillement terminé, nous sommes invités à visiter d'autres endroits tout aussi macabres -extérieurs cette fois-ci- comme les lieux des charniers qui sont aujourd'hui de nouveau envahis par une nature, mais jeune et fragile. Tout à côté trône ''l'arbre de la torture'', sur lequel on attachait les enfants et bébés en les battant à mort devant les yeux suppliant de leurs mères, qui elles-mêmes se transformeraient en cadavres quelques moments plus tard de toute façon.
Après la visite de ce site, on devait se rendre directement à Tuol Sleng, mais pour l'instant j'en avais assez vu. Une virée au marché était au programme de la journee, et j' ai préféré passer à cette étape histoire de laisser retomber un peu la poussière. Deux heures et quelques achats plus tard, nous voila donc à Tuol Sleng. École secondaire transformée en centre de détention par les Khmers Rouges dès leur prise du pouvoir, qu'ils rebaptisèrent humblement l'An Zéro. En fait, les 17 000 personnes mortes à Choeung Ek ont fait leur "stage" ici avant, si je puis me permettre l'expression. De ce nombre, sept d'entre eux ont survécu. Et lorsque les Viet-Namiens sont venus libérer la ville en 1979, on tortura à mort les quatorze prisonniers qui étaient dans l'établissement. Chaque cellule est demeurée intacte, avec les lits et les instruments de torture, avec en plus une photo qui montre l'état des cadavres au moment de leur découverte. Les restes de ces quatorze malheureux reposent symboliquement dans ce qui fut jadis une cour d'école, juste à côté de la barre à gymnastique transformée en outil de pendaison. Mais ce n'est pas tout. Les Khmers Rouges prenaient en photo toutes les victimes de leur régime une fois entre leurs griffes. Des dizaines de milliers de visages sont donc exposés dans les diverses pièces de Tuol Sleng, si bien qu'après un moment, ça devient complètement insupportable. Impossible de ne pas réprimer un sanglot ou une boule dans la gorge en voyant tous ces regards complètement désespérés, sachant très bien ce qui les attend. Je vous épargne tout le reste. Mais entre autres : instruments de tortures exposés, dont de gros récipients d'eau dans lesquels on plongeait les victimes par la tête, pieds attachés, juste assez longtemps pour simuler la noyade, afin de soutirer des confessions ou des délations. Pauvre eux, ils étaient exécutés sur-le-champ par après, confession ou pas. Tiens, une petite pensée pour nos amis Américains à Bahia Guantanamo ici, qui revendiquent fièrement le droit, qu'ils prendront de toute façon, d'utiliser encore cette technique. Bref, impossible de ne pas sortir de ces visites complètement à l'envers. Imaginez la nature humaine dans ce qu'elle a de pire. Maintenant, imaginez dix fois pire.
Wednesday, May 7, 2008
Phnom Penh I
Le séjour à Siem Reap fut plutôt tranquille et sympa. Les temples d'Angkor sont évidemment fidèles à leur réputation, même si ça me faisait énormément penser à ce que j'avais déjà vu à Ayuttaya en Thaïlande, en 2004. Cependant, la superficie concernée est des centaines de fois plus grande. Ils vendent d'ailleurs des passes pour une, deux ou trois journées, tout le monde s'entendant pour dire qu'une journée, ce n'est définitivement pas suffisant. Sacrilège ou pas, nous n'avons pris une passe que pour une journée. Je vous assure que c'est amplement suffisant vu le contexte ... Je le répète, mais après quatre mois de tourisme, on se tanne un peu de visiter des trucs, qu'ils soient mondialement célèbres ou pas. De plus, la chaleur est particulièrement pénible au Cambodge ces jours-ci. C'était bien assez pour moi. Quoiqu'il en soit, Jo est un petit ratoureux. Il s'est lié d'amitié avec une fille travaillant sur le site, et est retourné la voir les deux jours suivants ! Le troisième jour, il me demande si ça me dérange qu'elle nous accompagne à Phnom Penh et à Sihanoukville : elle n'est jamais sortie de Siem Reap, sa patronne est d'accord pour la libérer une semaine ou deux, puisque c'est tranquille ces temps-ci au niveau touristique. Bien sûr que ça ne me dérange pas, même que ça me fait plaisir. '' Mais Jo, fallait que je te parle de toute façon ... Je ne pense pas aller à Sihanoukville .. '' ''Quoi??!''
Eh oui, plusieurs raisons murissent mon choix, et la nouvelle amie de Jo (qui n'est qu'une amie, entendons-nous!) n'y est absolument pour rien. De un, je commence à être serré un peu financièrement. Pas que je manque d'argent, mais je dois penser à mon retour. Je veux qu'il me reste suffisament d'argent pour pouvoir vivre quelques semaines à Montréal sans trop stresser. Et puisque je devrai me trouver un appartement pas mal dès mon retour, faut prévoir le coup. Ce serait d'une irresponsabilité totale de rentrer au Québec le porte-feuille vide. De deux, Sihanoukville ne m'attire pas plus qu'il le faut. Plage, farniente, bière, bouffe, oisiveté totale, je ne suis pas dans ce mood ces jours-ci et je n'en ressens pas particulièrement le besoin. Et de trois, ça fait depuis le début du voyage qu'on se dit que ce serait bien de faire un petit bout en solo. Ca manque parfois de défi ; tout étant si facile à deux. Et finalement, je commence à m'ennuyer de mon monde et à avoir hâte de rentrer, ça joue pas mal, ça aussi. Ah oui, et y a une autre raison. Je commence à avoir hâte d'aller consulter un médecin. Rien de grave, rien qui ne m'empêche de fonctionner, mais un petit embêtement au niveau digestif qui ne semble pas vouloir s'en aller, après plus d'un mois. Je lui assure que c'est absolument rien de personnel, et mes explications le convaiquent. Ma décision est prise : pendant que lui se dirigera à Sihanoukville, je prendrai le chemin de Ho Chi Minh Ville au Viet-Nâm, d'où les billets d'avion sont de 400 à 500 dollars de moins cher qu'en partance de Phnom Penh. Et puis, j'en profiterai pour visiter un peu cette grouillante métropole quelques jours en solitaire, le temps de régler les formalités de mon billet d'avion. Alors voilà où j'en suis ! Je suis bien à l'aise avec ma décision, ça donnera un petit coup d'aventure qui manquait un peu dernièrement.
Nous sommes en ce moment à Phnom Penh, la sympathique capitale du Cambodge. Petite guesthouse bien confortable sur les rives du lac Boeng Kak, un autre quartier particulièrement populaire auprès des routards de tout genre. Vu que j'avais réservé l'hôtel à l'avance, un type nous attendait au terminal de bus, pour nous conduire au gîte en moto. Une sévère pluie venait de s'abattre sur la ville, si bien que nous roulions fréquemment dans dix ou quinze centimètres d'eau brunâtre. Mais au vu du comportement des conducteurs, cette situation semblait parfaitement normale.
Dans mon post précédent, je parlais des fameux ''shooting range'' pour lesquels on se fait sans cesse solliciter pour aller se défouler à coup d'artillerie lourde. Au diable l'éthique, nous avons succombé et y sommes allés ce matin. Fucked up ! On arrive là, et le type (avec une très sale gueule) nous remet tout bonnement un menu, comme si nous étions dans un vulgaire resto. Les prix pour chaque arme sont affichés, avec le nombre de munitions dont nous disposons pour atteindre les cibles (en carton, bien sûr). Jo et moi avons opté pour l'AK-47 tous les deux ; c'était un des moins chers et cette arme, de par son histoire, m'a toujours pas mal fasciné. Thi, l'amie de jo (et maintenant aussi la mienne par le fait même) quant à elle a préféré s'abstenir. Mais quell thrill, sans joke ! Fallait que j'essaie ça une fois dans ma vie. Et au nombre de touristes qu'il y avait là-bas, disons que nous n'étions pas les seuls à y avoir été poussé par curiosité. C'est situé non loin de l'aéroport international de Phnom Penh, et lorsque la moto s'approche de l'aire, un frisson nous parcourt, à l'écoute de toutes ces détonations d'explosifs et d'armes semi-automatiques. Dans une véritable zone de guerre, ça doit sonner exactement comme ça. Sinon, entre autres, sur le menu : un tir de bazooka pour 300$ US. Mais ils nous ammènent en pleine jungle, à une heure de là. Il y a aussi moyen de garrocher une grenade pour 30$ US. C'est complètement cinglé, mais il fallait que j'essaye. Et puis, je n'ai pas à me justifier, après tout ... C'était cool en maudit ! :)
Non loin de là, il y a un petit circuit de Go-Kart. Tiens, pourquoi pas ! Je n'en ai pas fait depuis l'âge de huit ans, pourquoi pas en faire au Cambodge ! Les seules anomalies consistaient à prier pour que la vache (qu'est-ce qu'elle foutait là?) qui broutait directement sur le bord de la piste ne prenne pas la fantaisie de traverser la piste, ou de s'y installer carrément, comme les vaches savent si bien le faire. Ce n'est pas arrivé. Mais les trois ou quatre nonchalants qui gèrent le circuit devraient tout de même faire attention, ça aurait pu être dangereux. Sinon, c'est bizarre de rouler au bruit des détonations qui se font entendre au loin, mais, même si c'est un peu terrible à dire, on s'y habitue.
Alors voilà. Demain, au programme : visite du Musée du Génocide. Pas particulièrement joyeux, mais il s'agit d'un incontournable, pour mieux comprendre (s'il y a quelque chose à comprendre) la folie totale qui s'est emparée de ce pays entre 1975 et 1979.
-
Le prix du gaz à Phnom Penh est à 1.25$ US le litre. Comme chez nous, mais c'est là que la comparaison s'arrête. Ma chambre d'hôtel (bon, un peu rudimentaire) me coûte 3$US la nuit, un excellent repas au resto 3-4$ aussi, alors j'imagine le bas prix des produits de base ... Tout ça pour dire que ça ne me surprendrait guère que faire un plein leur coûte quelques jours de salaire. Mais ça n'empêche en rien les véhicules de prendre d'assaut les rues de la capitale. A ce sujet, j'ai vu deux jeeps aujourd'hui immatriculés en ... Californie ! Mais bon, au nombre de véhicules qui roulent carrément sans plaque et dans un pays où je pourrais acheter ma citoyenneté pour quelques dizaines de dollars, c'était probablement une petite fantaisie décorative de la part des chauffeurs.
-
Sinon, un petit regret : je n'aurai peut-être pas de photos du Viet-Nâm. Je ne dispose plus de carte-mémoire depuis Varanasi ; je n'ai jamais réussi à en trouver une compatible avec mon appareil, pourtant fabriqué en Asie. Mais jusque-là ça allait, j'avais convenu avec Jonathan que je pigerais dans ses photos du Cambodge, que ses images seraient les miennes. De toute façon, bien souvent, nous prenons pas mal les mêmes photos. Il y aurait toujours la carte-mémoire de mon lecteur MP3. Le risque, c'est de perdre d'un coup la moitié de ma liste de chansons sans que ça ne m'apporte quoi que ce soit en retour. Mais je prendrai ce risque, pour ce qu'il reste au voyage de toute façon. Au pire, je pense à ça, il y a toujours les appareils jettables cheapo. Au diable la qualité des images, mais au moins j'en aurai. Tiens, c'est probablement ça que je ferai !
-
Je pense quitter Phnom Penh dans trois jours. J'aime bien l'amibance ici ! Ensuite, j'ignore combien de temps je resterai au Viet-Nâm, mais je ne m'éterniserai fort probablement pas. Le chemin du retour est amorcé !
Je réécrirai de Saigon, bien sûr ...
A bientôt ! :)
Eh oui, plusieurs raisons murissent mon choix, et la nouvelle amie de Jo (qui n'est qu'une amie, entendons-nous!) n'y est absolument pour rien. De un, je commence à être serré un peu financièrement. Pas que je manque d'argent, mais je dois penser à mon retour. Je veux qu'il me reste suffisament d'argent pour pouvoir vivre quelques semaines à Montréal sans trop stresser. Et puisque je devrai me trouver un appartement pas mal dès mon retour, faut prévoir le coup. Ce serait d'une irresponsabilité totale de rentrer au Québec le porte-feuille vide. De deux, Sihanoukville ne m'attire pas plus qu'il le faut. Plage, farniente, bière, bouffe, oisiveté totale, je ne suis pas dans ce mood ces jours-ci et je n'en ressens pas particulièrement le besoin. Et de trois, ça fait depuis le début du voyage qu'on se dit que ce serait bien de faire un petit bout en solo. Ca manque parfois de défi ; tout étant si facile à deux. Et finalement, je commence à m'ennuyer de mon monde et à avoir hâte de rentrer, ça joue pas mal, ça aussi. Ah oui, et y a une autre raison. Je commence à avoir hâte d'aller consulter un médecin. Rien de grave, rien qui ne m'empêche de fonctionner, mais un petit embêtement au niveau digestif qui ne semble pas vouloir s'en aller, après plus d'un mois. Je lui assure que c'est absolument rien de personnel, et mes explications le convaiquent. Ma décision est prise : pendant que lui se dirigera à Sihanoukville, je prendrai le chemin de Ho Chi Minh Ville au Viet-Nâm, d'où les billets d'avion sont de 400 à 500 dollars de moins cher qu'en partance de Phnom Penh. Et puis, j'en profiterai pour visiter un peu cette grouillante métropole quelques jours en solitaire, le temps de régler les formalités de mon billet d'avion. Alors voilà où j'en suis ! Je suis bien à l'aise avec ma décision, ça donnera un petit coup d'aventure qui manquait un peu dernièrement.
Nous sommes en ce moment à Phnom Penh, la sympathique capitale du Cambodge. Petite guesthouse bien confortable sur les rives du lac Boeng Kak, un autre quartier particulièrement populaire auprès des routards de tout genre. Vu que j'avais réservé l'hôtel à l'avance, un type nous attendait au terminal de bus, pour nous conduire au gîte en moto. Une sévère pluie venait de s'abattre sur la ville, si bien que nous roulions fréquemment dans dix ou quinze centimètres d'eau brunâtre. Mais au vu du comportement des conducteurs, cette situation semblait parfaitement normale.
Dans mon post précédent, je parlais des fameux ''shooting range'' pour lesquels on se fait sans cesse solliciter pour aller se défouler à coup d'artillerie lourde. Au diable l'éthique, nous avons succombé et y sommes allés ce matin. Fucked up ! On arrive là, et le type (avec une très sale gueule) nous remet tout bonnement un menu, comme si nous étions dans un vulgaire resto. Les prix pour chaque arme sont affichés, avec le nombre de munitions dont nous disposons pour atteindre les cibles (en carton, bien sûr). Jo et moi avons opté pour l'AK-47 tous les deux ; c'était un des moins chers et cette arme, de par son histoire, m'a toujours pas mal fasciné. Thi, l'amie de jo (et maintenant aussi la mienne par le fait même) quant à elle a préféré s'abstenir. Mais quell thrill, sans joke ! Fallait que j'essaie ça une fois dans ma vie. Et au nombre de touristes qu'il y avait là-bas, disons que nous n'étions pas les seuls à y avoir été poussé par curiosité. C'est situé non loin de l'aéroport international de Phnom Penh, et lorsque la moto s'approche de l'aire, un frisson nous parcourt, à l'écoute de toutes ces détonations d'explosifs et d'armes semi-automatiques. Dans une véritable zone de guerre, ça doit sonner exactement comme ça. Sinon, entre autres, sur le menu : un tir de bazooka pour 300$ US. Mais ils nous ammènent en pleine jungle, à une heure de là. Il y a aussi moyen de garrocher une grenade pour 30$ US. C'est complètement cinglé, mais il fallait que j'essaye. Et puis, je n'ai pas à me justifier, après tout ... C'était cool en maudit ! :)
Non loin de là, il y a un petit circuit de Go-Kart. Tiens, pourquoi pas ! Je n'en ai pas fait depuis l'âge de huit ans, pourquoi pas en faire au Cambodge ! Les seules anomalies consistaient à prier pour que la vache (qu'est-ce qu'elle foutait là?) qui broutait directement sur le bord de la piste ne prenne pas la fantaisie de traverser la piste, ou de s'y installer carrément, comme les vaches savent si bien le faire. Ce n'est pas arrivé. Mais les trois ou quatre nonchalants qui gèrent le circuit devraient tout de même faire attention, ça aurait pu être dangereux. Sinon, c'est bizarre de rouler au bruit des détonations qui se font entendre au loin, mais, même si c'est un peu terrible à dire, on s'y habitue.
Alors voilà. Demain, au programme : visite du Musée du Génocide. Pas particulièrement joyeux, mais il s'agit d'un incontournable, pour mieux comprendre (s'il y a quelque chose à comprendre) la folie totale qui s'est emparée de ce pays entre 1975 et 1979.
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Le prix du gaz à Phnom Penh est à 1.25$ US le litre. Comme chez nous, mais c'est là que la comparaison s'arrête. Ma chambre d'hôtel (bon, un peu rudimentaire) me coûte 3$US la nuit, un excellent repas au resto 3-4$ aussi, alors j'imagine le bas prix des produits de base ... Tout ça pour dire que ça ne me surprendrait guère que faire un plein leur coûte quelques jours de salaire. Mais ça n'empêche en rien les véhicules de prendre d'assaut les rues de la capitale. A ce sujet, j'ai vu deux jeeps aujourd'hui immatriculés en ... Californie ! Mais bon, au nombre de véhicules qui roulent carrément sans plaque et dans un pays où je pourrais acheter ma citoyenneté pour quelques dizaines de dollars, c'était probablement une petite fantaisie décorative de la part des chauffeurs.
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Sinon, un petit regret : je n'aurai peut-être pas de photos du Viet-Nâm. Je ne dispose plus de carte-mémoire depuis Varanasi ; je n'ai jamais réussi à en trouver une compatible avec mon appareil, pourtant fabriqué en Asie. Mais jusque-là ça allait, j'avais convenu avec Jonathan que je pigerais dans ses photos du Cambodge, que ses images seraient les miennes. De toute façon, bien souvent, nous prenons pas mal les mêmes photos. Il y aurait toujours la carte-mémoire de mon lecteur MP3. Le risque, c'est de perdre d'un coup la moitié de ma liste de chansons sans que ça ne m'apporte quoi que ce soit en retour. Mais je prendrai ce risque, pour ce qu'il reste au voyage de toute façon. Au pire, je pense à ça, il y a toujours les appareils jettables cheapo. Au diable la qualité des images, mais au moins j'en aurai. Tiens, c'est probablement ça que je ferai !
-
Je pense quitter Phnom Penh dans trois jours. J'aime bien l'amibance ici ! Ensuite, j'ignore combien de temps je resterai au Viet-Nâm, mais je ne m'éterniserai fort probablement pas. Le chemin du retour est amorcé !
Je réécrirai de Saigon, bien sûr ...
A bientôt ! :)
Friday, May 2, 2008
Siem Reap
Nous voici donc au Cambodge, à Siem Reap, deuxième ville du pays. Il s'agit en fait de l'agglomération jouxtant les célèbres temples d'Angkor Wat, qui sont à 8 kilomètres d'ici. Ces temples, ou ce qu'il en reste, constituent les plus grands édifices religieux sur la planète (selon notre Lonely, ça me surprend beaucoup), mais également ce que l'empire khmer représentait vers le XIIe siècle, à l'apogée de son règne, lorsqu'il dominait ce qu'est aujourd'hui la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Viet-Nâm. Nous allons visiter tout ça demain.
Avant de poursuivre, un petit mot sur notre semaine à Bangkok. Ce fut parfait pour nous remettre un peu plus en forme. Notre hôtel était tellement confo qu'on a eu bien du mal à quitter cette ville géniale. Il y avait tout ce qu'on voulait sur place : quelques bars et restos dans l'hôtel, une piscine sur le toit, une télévision avec un réseau interne qui diffusait des DVD de South Park et Family Guy ... un vrai petit resort, qui me faisait même penser que j'étais dans le sud. Ajoutez-y une plage et l'illusion aurait été parfaite. Sans oublier la fameuse Kao San Road et ses innombrables bars qui ne ferment que quand le dernier client a fini de picoler. Les Thaïs sont toujours aussi gentils, et il est très facile de lier des liens d'amitié ; c'est moins ''intéressé'' qu'avec les Indiens. D'ailleurs, il m'est formellement interdit de me prendre une chambre d'hôtel la prochaine fois que je passe par Bangkok. Donc c'est ça, à part la Kao San Road et ses environs, nous ne nous sommes pas vraiment promenés à Bangkok. De un, j'avais déjà visité tout ce qu'il y avait à visiter en 2004 et de deux, on était surtout là en transit, pour glander un peu avant d'avoir la possibilité d'entrer vers notre seconde étape officielle : le Cambodge.
Nous y sommes donc allés en bus. Premier choc : le contraste vraiment frappant entre la Thaïlande et le Cambodge lorsque l'on franchit la frontière par la route. Des belles routes thaïes goudronnées et sans aucune fissure, nous passons soudainement à d'étroits chemins boueux ou le bus ne peut avancer à guère plus de 25 ou 30 km/h. Nous avons d'ailleurs changé de véhicule à la frontière, ce qui nous a brusquement rappelé que nous n'étions plus dans le Disneyland touristique thaï. Du bus climatisé à deux étages avec toilettes et lecteur DVD, nous switchons pour un tape-cul inconfortable qui nous laissera tomber un peu plus loin d'ailleurs. Premier constat : la Thaïlande est riche, très riche même, par rapport à ses voisins.
Ici au Cambodge, nous réalisons bien vite que nous sommes dans un pays ou tout est à faire, et ou le régime sanguinaire des Khmers Rouges de Pol Pot (1975-1979 ... deux millions de morts) a laissé des séquelles absolument épouvantables. Cette gang de sans-dessein a eu l'idée géniale d'abolir la monnaie et de faire exploser l'édifice de la Banque Centrale à Phnom Penh. Résultat : c'est un peu le chaos monétaire en ce moment. Trois monnaies sont utilisées parallèlement : le riel cambodgien, le dollar US et le baht thaï (mais principalement les deux premières). On paye en riel, on reçoit notre monnaie en dollars, et vice-versa. Il faut vite apprendre à jongler entre les deux devises, mais le taux de change est un chiffre assez rond ... environ 4000 riels pour 1$US. D'ailleurs, ça fait assez drôle de se ramasser avec une facture de 25 000 pour un repas à deux. Pourriez pas juste couper quelques zéros ? Pour donner un peu une idée de l'instabilité du Cambodge dans l'ère contemporaine, dites-vous juste que le pays a changé de nom cinq fois depuis 1970, mais semble s'être branché pour de bon en 1993 en choisissant son nom actuel : le Royaume du Cambodge.
Les temples d'Angkor sont évidemment le truc dont les Cambodgiens sont les plus fiers. Le temple principal, le plus gros (celui que l'on voit partout) est représenté partout. Du drapeau national aux sacs de riz, en passant par les cannettes de bière et les paquets de cigarette. Difficile à manquer, en tout cas ! Pour donner une idée de l'ampleur de l'importance d'Angkor pour les Cambodgiens : il y a quelques années, une comédienne de soap-opéra thaï avait mentionné que ces temples appartenaient historiquement à la Thaïlande. Résultat : plusieurs jours d'émeute à Phnom Penh, ambassade thaï saccagée et incendiée, sièges sociaux de compagnies thaïes pris d'assaut. On ne niaise pas avec Angkor Wat ...
Le Cambodge est tristement célèbre pour le nombre effarant de mines anti-personnel qui sont encore dispersées un peu partout au pays. Il n'est pas rare de voir des amputés (il y en aurait 50 000 environ au pays). Partout ou nous sommes, on se fait dire de ne jamais sortir des sentiers battus ... Si par exemple, un besoin naturel nous prend alors que nous sommes sur le bord d'une route, vaut mieux sacrifier un peu de dignité qu'une jambe. Les maudits malades de Khmers Rouges ont posé ces mines au début des années 70 alors qu'ils cherchaient à renverser le gouvernement en place à l'époque. Le but ? Démoraliser le gouvernement. Ces pauvres Cambodgiens en paient encore le prix. Parlant des Khmers Rouges, je regarde les gens marcher dans les rues, et j'en vois très très peu semblant avoir au-dessus de 50 ans. Si j'en ai vu trois ou quatre, c'est déjà beau. Un immense respect m'envahit en les croisant, quand je me dis qu'ils ont survécu au régime le plus sanguinaire de l'ère moderne.
Toutes ces années de guerres civiles ont laissé d'autres sortes de traces, en faisant place à un genre de tourisme assez particulier : ça fait plusieurs fois que l'on se fait offrir d'aller dans des ''shooting range''. Mais qu'est-ce que c'est ? Tout simplement un endroit ou pour quelques dollars US, on peut joyeusement s'amuser à tirer du AK-47, du bazooka ou du machine gun. Spécial, n'est-ce pas ? Les armes à feu n'étant absolument pas mon genre de truc, je crois que je vais passer mon tour, mais j'en connais qui seraient probablement très curieux d'essayer. Mais je ne sais pas, je me demande si c'est bien d'encourager ça. Bon, pendant que ces armes servent à ça, elles ne détruisent pas de vies et ça semble faire vivre un certain nombre de personnes dans le coin. Peut-être qu'il faut voir ça comme une façon constructive d'utiliser le surplus d'armes qu'il y a dans le pays. Et les cibles ne sont plus animales, comme il y a quelques années (incroyable !) Je ne sais pas trop quoi penser ... Je vais laisser la ''chance'' à d'autres.
Sinon, l'ambiance est bonne ici. Les gens sont gentils et souriants. Pas mal de bars, et le coût de la vie est relativement peu élevé (par rapport à la Thaïlande ... à peu près semblable à l'Inde.) Un excellent repas de fruits de mer revient à 2-3$US, la bière est environ 1$, et le pichet de Long Island Iced Tea est à 7$USD, au lieu de 22$ comme au St-Sulpice. Je pense que je vais en profiter un peu ce soir en allant faire un tour sur Bar Street (ça ne s'invente pas). Et sérieusement, je n'ai mangé que quatre ou cinq repas jusqu'à maintenant, mais c'est vraiment excellent. Principalement des fruits de mer et du poisson. En prenant certaines bouchées, des souvenirs d'enfance de mes vacances dans le Maine remontaient à la surface. À ce point-là ! Je pense qu'on va bien s'amuser ici. Dans deux ou trois jours, plein cap sur la capitale, Phnom Penh, et ensuite ce sera les plages dorées de Sihanoukville pour finir ce voyage en beauté. Restera juste à décider si on rentre par Ho Chi Minh Ville (Viet-Nâm) ou si on retourne à Bangkok pour le vol de retour. Ça dépendra des prix ...
À bientôt !
Avant de poursuivre, un petit mot sur notre semaine à Bangkok. Ce fut parfait pour nous remettre un peu plus en forme. Notre hôtel était tellement confo qu'on a eu bien du mal à quitter cette ville géniale. Il y avait tout ce qu'on voulait sur place : quelques bars et restos dans l'hôtel, une piscine sur le toit, une télévision avec un réseau interne qui diffusait des DVD de South Park et Family Guy ... un vrai petit resort, qui me faisait même penser que j'étais dans le sud. Ajoutez-y une plage et l'illusion aurait été parfaite. Sans oublier la fameuse Kao San Road et ses innombrables bars qui ne ferment que quand le dernier client a fini de picoler. Les Thaïs sont toujours aussi gentils, et il est très facile de lier des liens d'amitié ; c'est moins ''intéressé'' qu'avec les Indiens. D'ailleurs, il m'est formellement interdit de me prendre une chambre d'hôtel la prochaine fois que je passe par Bangkok. Donc c'est ça, à part la Kao San Road et ses environs, nous ne nous sommes pas vraiment promenés à Bangkok. De un, j'avais déjà visité tout ce qu'il y avait à visiter en 2004 et de deux, on était surtout là en transit, pour glander un peu avant d'avoir la possibilité d'entrer vers notre seconde étape officielle : le Cambodge.
Nous y sommes donc allés en bus. Premier choc : le contraste vraiment frappant entre la Thaïlande et le Cambodge lorsque l'on franchit la frontière par la route. Des belles routes thaïes goudronnées et sans aucune fissure, nous passons soudainement à d'étroits chemins boueux ou le bus ne peut avancer à guère plus de 25 ou 30 km/h. Nous avons d'ailleurs changé de véhicule à la frontière, ce qui nous a brusquement rappelé que nous n'étions plus dans le Disneyland touristique thaï. Du bus climatisé à deux étages avec toilettes et lecteur DVD, nous switchons pour un tape-cul inconfortable qui nous laissera tomber un peu plus loin d'ailleurs. Premier constat : la Thaïlande est riche, très riche même, par rapport à ses voisins.
Ici au Cambodge, nous réalisons bien vite que nous sommes dans un pays ou tout est à faire, et ou le régime sanguinaire des Khmers Rouges de Pol Pot (1975-1979 ... deux millions de morts) a laissé des séquelles absolument épouvantables. Cette gang de sans-dessein a eu l'idée géniale d'abolir la monnaie et de faire exploser l'édifice de la Banque Centrale à Phnom Penh. Résultat : c'est un peu le chaos monétaire en ce moment. Trois monnaies sont utilisées parallèlement : le riel cambodgien, le dollar US et le baht thaï (mais principalement les deux premières). On paye en riel, on reçoit notre monnaie en dollars, et vice-versa. Il faut vite apprendre à jongler entre les deux devises, mais le taux de change est un chiffre assez rond ... environ 4000 riels pour 1$US. D'ailleurs, ça fait assez drôle de se ramasser avec une facture de 25 000 pour un repas à deux. Pourriez pas juste couper quelques zéros ? Pour donner un peu une idée de l'instabilité du Cambodge dans l'ère contemporaine, dites-vous juste que le pays a changé de nom cinq fois depuis 1970, mais semble s'être branché pour de bon en 1993 en choisissant son nom actuel : le Royaume du Cambodge.
Les temples d'Angkor sont évidemment le truc dont les Cambodgiens sont les plus fiers. Le temple principal, le plus gros (celui que l'on voit partout) est représenté partout. Du drapeau national aux sacs de riz, en passant par les cannettes de bière et les paquets de cigarette. Difficile à manquer, en tout cas ! Pour donner une idée de l'ampleur de l'importance d'Angkor pour les Cambodgiens : il y a quelques années, une comédienne de soap-opéra thaï avait mentionné que ces temples appartenaient historiquement à la Thaïlande. Résultat : plusieurs jours d'émeute à Phnom Penh, ambassade thaï saccagée et incendiée, sièges sociaux de compagnies thaïes pris d'assaut. On ne niaise pas avec Angkor Wat ...
Le Cambodge est tristement célèbre pour le nombre effarant de mines anti-personnel qui sont encore dispersées un peu partout au pays. Il n'est pas rare de voir des amputés (il y en aurait 50 000 environ au pays). Partout ou nous sommes, on se fait dire de ne jamais sortir des sentiers battus ... Si par exemple, un besoin naturel nous prend alors que nous sommes sur le bord d'une route, vaut mieux sacrifier un peu de dignité qu'une jambe. Les maudits malades de Khmers Rouges ont posé ces mines au début des années 70 alors qu'ils cherchaient à renverser le gouvernement en place à l'époque. Le but ? Démoraliser le gouvernement. Ces pauvres Cambodgiens en paient encore le prix. Parlant des Khmers Rouges, je regarde les gens marcher dans les rues, et j'en vois très très peu semblant avoir au-dessus de 50 ans. Si j'en ai vu trois ou quatre, c'est déjà beau. Un immense respect m'envahit en les croisant, quand je me dis qu'ils ont survécu au régime le plus sanguinaire de l'ère moderne.
Toutes ces années de guerres civiles ont laissé d'autres sortes de traces, en faisant place à un genre de tourisme assez particulier : ça fait plusieurs fois que l'on se fait offrir d'aller dans des ''shooting range''. Mais qu'est-ce que c'est ? Tout simplement un endroit ou pour quelques dollars US, on peut joyeusement s'amuser à tirer du AK-47, du bazooka ou du machine gun. Spécial, n'est-ce pas ? Les armes à feu n'étant absolument pas mon genre de truc, je crois que je vais passer mon tour, mais j'en connais qui seraient probablement très curieux d'essayer. Mais je ne sais pas, je me demande si c'est bien d'encourager ça. Bon, pendant que ces armes servent à ça, elles ne détruisent pas de vies et ça semble faire vivre un certain nombre de personnes dans le coin. Peut-être qu'il faut voir ça comme une façon constructive d'utiliser le surplus d'armes qu'il y a dans le pays. Et les cibles ne sont plus animales, comme il y a quelques années (incroyable !) Je ne sais pas trop quoi penser ... Je vais laisser la ''chance'' à d'autres.
Sinon, l'ambiance est bonne ici. Les gens sont gentils et souriants. Pas mal de bars, et le coût de la vie est relativement peu élevé (par rapport à la Thaïlande ... à peu près semblable à l'Inde.) Un excellent repas de fruits de mer revient à 2-3$US, la bière est environ 1$, et le pichet de Long Island Iced Tea est à 7$USD, au lieu de 22$ comme au St-Sulpice. Je pense que je vais en profiter un peu ce soir en allant faire un tour sur Bar Street (ça ne s'invente pas). Et sérieusement, je n'ai mangé que quatre ou cinq repas jusqu'à maintenant, mais c'est vraiment excellent. Principalement des fruits de mer et du poisson. En prenant certaines bouchées, des souvenirs d'enfance de mes vacances dans le Maine remontaient à la surface. À ce point-là ! Je pense qu'on va bien s'amuser ici. Dans deux ou trois jours, plein cap sur la capitale, Phnom Penh, et ensuite ce sera les plages dorées de Sihanoukville pour finir ce voyage en beauté. Restera juste à décider si on rentre par Ho Chi Minh Ville (Viet-Nâm) ou si on retourne à Bangkok pour le vol de retour. Ça dépendra des prix ...
À bientôt !
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