Wednesday, March 19, 2008

Jaigaon

Il y a trois jours, nous sommes redescendus définitivement de la chaîne himalayenne pour rejoindre Siliguri. L'expérience du ''Toy Train'' fut formidable, en sillonant le nord du West Bengal par les plus hautes voies ferroviaires au monde. Imaginez un peu : huit heures pour quelque chose comme 80 km. Ça donne une idée de la vitesse de croisière.

Ok, mettons l'orgueil de côté et appellons un chat un chat : le petit saut au Bhoutan s'est soldé par un misérable échec. Jaigaon est une grosse bourgade située à quatre heures de bus de Siliguri. Rien de particulièrement intéressant ne s'y déroule, si ce n'est le fait que la ville est coupée en deux par le poste-frontière indo-bhoutanais. Ici, la plupart des véhicules sont immatriculés au Bhoutan, plusieurs hommes aux yeux bridés se promènent avec tunique, bas trois-quart et chapeaux étranges qui constituent le costume traditionnel bhoutanais. Qui plus est, on paye nos transactions en nguldrums, monnaie bhoutanaise. De l'autre côté du poste-frontière, on aperçoit le Bhoutan comme si on y était. Ses rues, ses véhicules, ses magasins, ses montagnes, ses gens. Le gros problème est la rumeur qui circule comme quoi il est possible d'y faire un saut de 24h sans visa ; tous les routards en parlent comme une vérité accomplie. Ça prenait quelqu'un qui se sacrifierait pour aller vérifier, et ce quelqu'un vous dit : c'est complètement faux. Impossible pour un étranger de pénétrer au Bhoutan par l'Inde sans avoir un visa émis par l'ambassade à New Delhi. Est-ce assez clair ? J'aurai au moins vu le Bhoutan, très bien même. De toute façon, nous avions du temps à tuer, et Jaigaon est le genre de ville qui s'avère particulièrement intéressante de par le fait qu'on y croise à peu près aucun touriste. Les seuls blancs que l'on aperçoit sont les troupes de têtes grises au porte-feuille bien garni qui foncent vers le poste-frontière à bord de leur bus nolisé aux vitres teintées. Ce qui fait en sorte que de se perdre en solo dans cette ville particulièrement authentique (et qui sent très mauvais, soyons francs) constitue en soi une expérience enrichissante.

Ok, maintenant nous sommes de retour (encore une fois) à Siliguri. Le Sikkim et Darjeeling sont situés géographiquement à une position qui fait en sorte que nous n'avons pas le choix de revenir sur nos pas. Un peu comme le jour de la marmotte ; mêmes hôtels, mêmes restos. Siliguri a la particularité de recevoir un bon flot de touristes, tout en n'ayant absolument rien à offrir d'autre que sa gare de bus et de train. Passage obligé vers le nord-est de l'Inde. Quoiqu'il en soit, il y a un peu d'action en ville ces jours-ci. Quelques moines tibétains ont pris d'assaut la ville pour protester contre le gouvernement chinois (j'ai cru comprendre que ça brassait à Lhassa). Nous sommes les deux seuls non-moines à occuper notre hôtel ces jours-ci. Sinon, nous partons après-demain pour Allahabad, qui est exactement à mi-chemin entre Siliguri et New Delhi. L'occasion de se gâter : il n'y avait plus de place à bord du train dans la classe sleeper populaire, nous allons donc tenter la classe 3A, pas mal plus confortable. Nous serons à New Delhi autour du 24 pour rejoindre Julie qui va faire trois semaines d'exploration du nord-ouest de l'Inde avec nous ! Julie, au nombre de Français que l'on croise ici (hallucinant), tu vas te sentir bien à l'aise ! :)

À part ça, j'ai tenté les barbiers indiens ce matin ; j'étais pas mal dû. Que dire à part le fait que la coupe de cheveux ne représente qu'une infime minorité de ce qu'ils vous font subir. Du lavage d'oreilles au massage de pieds en passant par le rasage de près à la fine lame. Toute une expérience en tout cas !! J'entends encore la raisonnance de mon crâne qui servait de tam-tam aux mains de la grosse brute bien sympathique.

Fek c'est ça pour l'instant !

1 comment:

Miss Blablah said...

Ah noooon moi qui espérais enfin faire mon intégration québécoise en Inde grâce à vous !!!! (le plaisir de savoir enfin dire asti à bon escient, savoir enfin prononcer maudit comme il faut sans que tout le monde rigole...)
Bien hâte de vous retrouver là-bas en tout cas... surtout avec de tels récits ;-)
Mes appareils photo en frémissent d'avance, je ne vais pas pouvoir les tenir bien longtemps !
Julie
xxx