Sunday, March 30, 2008

New Delhi - Mandawa - Deshnoke - Bikaner

Pas mal de chemin parcouru depuis la dernière fois ou j'ai donné signe de vie. Nous sommes donc arrivés à New Delhi le matin du 25 mars, après un trajet de bus nocturne plutôt épuisant. On a choisi de loger dans le quartier routard de Pahar Ganj, pour les hôtels à prix modiques et la proximité de Connaught Place, qui constitue en fait le coeur de la nouvelle ville. Ici, l'urbanisme à la British est très difficile à manquer : ça ne ressemble en rien à tout ce que l'on peut voir dans les autres grandes villes indiennes. Larges boulevards dégagés, verdure (qui fait le bonheur des singes), architecture coloniale, grandes chaînes occidentales qui pullulent, etc. Bref vous voyez le genre. Le lendemain soir, nous sommes allés chercher Julie à l'aéroport sans trop de problèmes ! Depuis le mois d'août, j'étais en contact avec Julien, un Québécois travaillant à l'Ambassade (pardon, le Haut-Commissariat) du Canada à New Delhi, et on a convenu de se rencontrer le soir du 27 pour aller prendre une petite bière. Eh bien ! Que dire à part le fait que nos diplomates sont confortablement installés ! Superbe appart grand et luxueux, au milieu d'un quartier bourgeois qui fait en sorte qu'on a du mal à s'imaginer qu'on est en Inde. Julien commence à très bien se débrouiller en hindi. Prendre un rickshaw avec lui ou commander dans un resto s'avère une expérience très amusante : il faut voir la mine décontenancée de ces Indiens (surtout les rickshaws cherchant les proies faciles) quand il s'exprime dans leur langue. À part ça, pas mal de rabatteurs à Delhi : les guides ne mentent pas. La technique est très simple : on se fait aborder par les questions classiques, et on finit par être balladés dans des ''bureaux d'information touristiques'' qui ne sont rien d'autre que des agences de voyage. Alors qu'on cherchait désespérément à se débarasser d'un cireur de chaussures qui nous collait au cul (c'est moins facile que ça en a l'air) un policier nous aborde pour nous demander si on connaît le type. On répond que oui, pas de problèmes. On ne veut pas que le jeune homme ait des soucis et on réussira à s'en débarasser nous-mêmes. Le flic pose deux ou trois questions au cireur, et puis, sans prévenir : PAF! Une solide taloche en pleine face. Le p'tit gars a bien peur, s'éloigne, le policier lui dit de revenir. Autre question, autre taloche. Le rabatteur s'enfuit sans demander son reste et le policier nous dit de faire attention, ''lot of cheaters in this city''. Ouais, on le sait, mais n'y avait-il pas une autre façon de gérer le dossier ? Puis le policier nous demande ce qu'on cherche au juste. On veut des t-shirts. Il nous demande combien on en veut. Ah non, c'est pas vrai ! Même les policiers jouent aux rabatteurs. On prend congé de lui, en se sentant mal pour le jeune homme. Mais bon, c'est la vie, en Inde. Disons que la déontologie policière laisse pas mal de flexibilité aux agents.

Le lendemain, Julien nous invite à un tour très particulier, soit celui de la gare de New Delhi. Il s'agit d'un tour organisé par Salaam Balack, un organisme qui s'occupe des jeunes enfants vivant dans la rue à Delhi, et qui se comptent par milliers. Sheikar, notre guide, était lui-même un d'entre eux auparavant, et ce qu'on a vu et entendu ne peut pas laisser indifférent. Ces jeunes fuient leurs familles pour trouver une vie ou l'illusion de liberté et l'absence de contraintes leur donne l'espoir d'améliorer leur sort. Mais dans la plupart des cas, ça se termine plutôt mal : ils sniffent de la colle pour la plupart, sont recrutés par des ''pimps'', tombent dans la prostitution, se font battre par les policiers (quelle surprise !) et autres trucs du genre. Les jeunes que nous avons croisé dans la gare étaient pour la plupart bien frostés. Et ils avaient en moyenne 8 ou 9 ans. Salaam Balack leur offre un refuge, très encadré, pour leur donner une chance de connaître une vie meilleure. Très jolie initiative, et dont les résultats semblent porter fruit. Après cette visite, une petite bière dans une place branchée de Connaught Place, pour réaliser une fois de plus que les Indiens ne supportent pas l'alcool. Il est à peine 17h que plusieurs d'entre eux sont assez bien amorcés. Déjà de la bataille, le type de la table d'à côté qui insiste pour que j'aille danser avec lui (???), et autres trucs glorieux du genre. Avant que ça se termine trop mal, on va finir la soirée chez Julien, ou on a droit à un barbecue mettant en vedette des produits ''Choix Extra''. De la vraie relish !!!! L'Ambassade importe toutes sortes de produits et marques de chez nous, pour contrer les effets dépaysants de l'expatriation je suppose. Résultat : mon estomac n'étant plus habitué à manger ce genre de trucs, je peux affirmer que quelques jours plus tard, l'effet se fait encore sentir ! Ah et en plus, on a eu droit à du vrai vin ...

Bon, sinon nous avons opté pour la location d'un char (avec chauffeur, bien sûr) afin d'explorer le Rajasthan durant deux semaines. Dans la plupart des guides, on indique que si on a les moyens de se l'offrir, ne surtout pas hésiter à le faire. Les distances sont longues, la température écrasante du désert est pénible à supporter, et avoir une voiture nous offre une flexibilité qu'on n'est même pas près de frôler en train ou en bus. Alors voilà ! Première nuit à Mandawa. Ensuite, destination Deshnoke, petit village célèbre pour son fameux temple aux rats. Wow ! Moi qui ait une phobie des rongeurs, c'était le moment ou jamais d'affronter mes peurs. Par milliers, ils évoluent librement dans le temple, vous foncent sur les pieds (nus, bien sûr) se nourissent des offrandes offertes par les pellerins. La légende dit que ce sont les enfants d'une caste de la région qui se réincarneraient en rat. Ce n'était vraiment pas si pire que ça, finalement.

Aujourd'hui, nous sommes à Bikaner, en plein coeur du désert de Thar. Demain, nous partons pour Jaisalmer, près de la frontière pakistanaise. Nous passerons une nuit ou deux dans le désert, à la belle étoile, en nous offrant une excursion à dos de chameau. Je développerai plus tard sur le Rajasthan puisque l'on vient à peine de l'effleurer. Mais un constat s'impose : c'est très très très touristique. Trop, peut-être. Les touristes-express qui font l'Inde en deux semaines passent tous par ici avec leurs cars climatisés. Résultat ? Le harcèlement de la part des Indiens est constant, les relations avec les locaux sont toutes sauf authentiques. Quand on explique que ça fait trois mois que nous sommes ici, ça les calme un peu, mais même pas tant que ça. C'est ce côté qui me dérange beaucoup, mais il faudra apprendre à dealer avec ça.

Alors c'est tout pour l'instant ! :)

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