Eh oui ! Nous voici maintenant en passage-éclair au Royaume du Siam, la Thaïlande. Les vols Delhi - Phnom Penh étant hors de prix, il était définitivement plus sage de venir passer quelques jours au Pays du Sourire, puis de prendre un bus à prix dérisoire en direction du Cambodge par la suite. Pourquoi le Cambodge ? Hmm ... On y pense depuis longtemps, puisque l'option de visiter un ou deux autre pays après l'Inde est envisagée depuis le début. Surtout pour sa nouvelle ouverture au tourisme, pour la complexité de son histoire (surtout contemporaine), pour sa soudaine accessibilité qui n'était pas envisageable il y a à peine cinq ans. Ce n'est pas un coup de tête, puisque nous avons acheté le Lonely Planet sur le Cambodge à Calcutta il y a déjà plusieurs semaines. Voilà donc notre plan, qui, si tout va bien, nous mènera ultimement au Viet-Nam ...
Coïncidence, il y a exactement quatre ans jour pour jour, je débarquais à Bangkok, ville gigantesque mais ô combien sympathique. Nous avons soudainement un tout petit peu moins le mal du pays (bon, j'exagère) car tout est accessible ici; revers de la medaille de l'"internationalisation" à outrance de cette ville, ce qui toutefois, je vais l'avouer, fait parfaitement mon affaire pour le moment. Quelle bouffée d'air frais. Je digère encore mes futomakis, et ce soir, on va aller manger un steak ! (aaargh). La ville n'a pas vraiment changé depuis 2004, malgré le coup d'état de septembre 2006 qui a mis les militaires au pouvoir... Nous logeons sur Kao San Road, qui est à Bangkok ce que Pahar Ganj est à New Delhi : le coin des backpackers à la recherche de logis bon marché. Pas mal animé !
Alors voilà. Demain, nous allons acheter nos billets de bus en direction d'Angkor Wat au Cambodge, ville qui abrite les vestiges de l'ancien empire Khmer qui domina la région durant quelques siècles, puis ce sera Phnom Penh, Sihanoukville, Ho Chi Minh Ville (anciennement Saïgon) et ses environs. Mais ça a le temps de changer, comme d'hab ... En attendant, on prend ça un peu relax à Bangkok, je pense qu'on le mérite bien.
D'autres nouvelles un moment donné ! :)
A+!
Friday, April 25, 2008
Tuesday, April 22, 2008
New Delhi, le retour
De retour à New Delhi, ville que j'aime bien, contrairement à absolument tout le monde. Qu'est-ce qu'on fout ici ? Ah, ça c'est une bonne question. Comme je l'ai mentionné dans mon post précédent, nous étions sur la liste d'attente pour le train Haridwar / Jammu. La procédure est simple : à moins d'être vraiment malchanceux, on se pointe sur le quai, on va voir le contrôleur et il nous attribue une place. Ça marche 99% du temps, sauf quand le train est vraiment trop plein. Celui-là l'était. La suite des choses s'est faite automatiquement. Une heure et demie de galère pour se faire rembourser, courir d'un bureau à l'autre en ayant l'impression de se faire carrément niaiser. Je pense que le coup est calculé : ils rendent ça tellement compliqué de se faire rembourser que la plupart des gens abandonnent sans doute. Toujours est-il qu'on était à bout de nerfs, et vraiment en criss. L'incertitude totale ... Là on fait quoi ? On reste à Haridwar indéfiniment jusqu'à ce qu'une place se libère? Haridwar est bien sympa, mais c'est le genre de ville ou on reste une journée ou deux max. Il n'y a pratiquement rien à bouffer (ville sainte, donc végétalienne, pas d'oeufs, rien ...)
Fidèle à mon habitude, une idée de génie me traverse l'esprit. Je dis à Jo : ''Regarde, depuis deux ou trois semaines, on n'est plus dedans pantoute. On fait tout à reculons. Même si on arrive à aller au Cachemire, même pas sûr qu'on va en profiter. Le diagnostic est simple, même si sans appel : je pense qu'après quatre mois, on en a notre claque de l'Inde. Je propose qu'on retourne à Delhi, qu'on s'achète un billet d'avion pour la ville X, qu'on y reste quelques temps, et de là, ce sera facile de rejoindre les pays Y et Z. Qu'est-ce que t'en penses?'' ''Ouais, ok!'' Sweet deal.
Nous sautons donc dans un bus direction New Delhi. Mais on ne pouvait pas faire un dernier trajet sans que la bonne vieille Inde nous réserve encore quelque surprise (elle a plus d'un tour dans son sac celle-là ...) À 40 km de Delhi, le moteur du bus saute. J'avais des soupçons depuis un bout de temps, quand je voyais de l'huile s'échapper du dash et de la boucane sortir d'en-dessous du levier à vitesse. Les hommes sortent pour pousser et dégager la voie (on a créé tout un bouchon). Après quelques tentatives de réanimation, le décès du bus (qui serait interdit de circulation depuis 25 ans chez nous) est constaté. Résultat : on doit attendre un autre bus qui voudra bien nous reccueillir, ce qui ne sera pas trop long malgré la chaleur accablante. Le reste du trajet constitue la pire heure de mon existence en Inde. Assis dans les escaliers du bus avec mon gros pack-sac sur les genoux, avec un chauffeur complètement dingue, la sensation de cuire dans un four, un estomac encore sensible, des gens partout partout. Mais bon, on a fini par arriver. Évidemment, les chauffeurs de rickshaw nous attendaient de pied ferme. ''Là, tu nous ammènes à la gare pour 150 Rps, et tu ne poses aucune crisse de question. Deal?'' ''Deal''. Ça peut paraître raide, mais venez à Delhi, et vous comprendrez parfaitement ...
Alors voilà. Ce message est le dernier qui sera envoyé de l'Inde. Je vous écrirai d'un autre pays la prochaine fois, dans quelques jours (eh non, ce ne sera pas du Québec). Il nous reste encore quelques semaines devant nous, mais on ne tardera pas à rentrer pour de vrai non plus. Est-ce que je reviendrai en Inde un jour ? Absolument. Le genre de relation qu'on développe avec ce pays est loin d'être simple. En fait, l'Inde n'est pas un pays, c'est un continent, comme aiment le rappeler les Indiens. Quand meme fou d'avoir pu si facilement passer des douces plages du Kerala aux neiges éternelles himalayennes, et pourquoi pas un petit detour dans le désert. Il en reste donc beaucoup à voir pour une prochaine fois : Bombay, Goa, le Punjab, le Gujarat et le Cachemire. Et c'est clair que je retournerai voir mes amis du Sikkim à Gangtok un de ces quatre. Oui, pour l'instant j'ai ma dose, mais d'ici quelques jours je m'ennuirai déjà de ce pays de fous, j'en suis à peu près certain.
Je ne peux pas conclure ce volet indien sans laisser une ou deux anecdotes :
- J'ai signé un autographe à Lucknow.
- À Varanasi, j'achète une barre Mars à la boutique de l'hôtel. Tiens donc, ça goûte pas mal bizarre. Je regarde la date d'expiration, et le 03 a été grossièrement changé en 08 au crayon feutre, pas subtil pantoute. Mais c'est quand même magique. Un coup de crayon et ma Mars a rajeuni de cinq mois. Apu existe vraiment, et il est Indien pour vrai ...
- À Haridwar, le gars du Room Service nous a chargé nos deux Coca-Cola avec la prose suivante : 2 Cocks ... Eeeeuhhhhhhh !!!!!
Bye !
Fidèle à mon habitude, une idée de génie me traverse l'esprit. Je dis à Jo : ''Regarde, depuis deux ou trois semaines, on n'est plus dedans pantoute. On fait tout à reculons. Même si on arrive à aller au Cachemire, même pas sûr qu'on va en profiter. Le diagnostic est simple, même si sans appel : je pense qu'après quatre mois, on en a notre claque de l'Inde. Je propose qu'on retourne à Delhi, qu'on s'achète un billet d'avion pour la ville X, qu'on y reste quelques temps, et de là, ce sera facile de rejoindre les pays Y et Z. Qu'est-ce que t'en penses?'' ''Ouais, ok!'' Sweet deal.
Nous sautons donc dans un bus direction New Delhi. Mais on ne pouvait pas faire un dernier trajet sans que la bonne vieille Inde nous réserve encore quelque surprise (elle a plus d'un tour dans son sac celle-là ...) À 40 km de Delhi, le moteur du bus saute. J'avais des soupçons depuis un bout de temps, quand je voyais de l'huile s'échapper du dash et de la boucane sortir d'en-dessous du levier à vitesse. Les hommes sortent pour pousser et dégager la voie (on a créé tout un bouchon). Après quelques tentatives de réanimation, le décès du bus (qui serait interdit de circulation depuis 25 ans chez nous) est constaté. Résultat : on doit attendre un autre bus qui voudra bien nous reccueillir, ce qui ne sera pas trop long malgré la chaleur accablante. Le reste du trajet constitue la pire heure de mon existence en Inde. Assis dans les escaliers du bus avec mon gros pack-sac sur les genoux, avec un chauffeur complètement dingue, la sensation de cuire dans un four, un estomac encore sensible, des gens partout partout. Mais bon, on a fini par arriver. Évidemment, les chauffeurs de rickshaw nous attendaient de pied ferme. ''Là, tu nous ammènes à la gare pour 150 Rps, et tu ne poses aucune crisse de question. Deal?'' ''Deal''. Ça peut paraître raide, mais venez à Delhi, et vous comprendrez parfaitement ...
Alors voilà. Ce message est le dernier qui sera envoyé de l'Inde. Je vous écrirai d'un autre pays la prochaine fois, dans quelques jours (eh non, ce ne sera pas du Québec). Il nous reste encore quelques semaines devant nous, mais on ne tardera pas à rentrer pour de vrai non plus. Est-ce que je reviendrai en Inde un jour ? Absolument. Le genre de relation qu'on développe avec ce pays est loin d'être simple. En fait, l'Inde n'est pas un pays, c'est un continent, comme aiment le rappeler les Indiens. Quand meme fou d'avoir pu si facilement passer des douces plages du Kerala aux neiges éternelles himalayennes, et pourquoi pas un petit detour dans le désert. Il en reste donc beaucoup à voir pour une prochaine fois : Bombay, Goa, le Punjab, le Gujarat et le Cachemire. Et c'est clair que je retournerai voir mes amis du Sikkim à Gangtok un de ces quatre. Oui, pour l'instant j'ai ma dose, mais d'ici quelques jours je m'ennuirai déjà de ce pays de fous, j'en suis à peu près certain.
Je ne peux pas conclure ce volet indien sans laisser une ou deux anecdotes :
- J'ai signé un autographe à Lucknow.
- À Varanasi, j'achète une barre Mars à la boutique de l'hôtel. Tiens donc, ça goûte pas mal bizarre. Je regarde la date d'expiration, et le 03 a été grossièrement changé en 08 au crayon feutre, pas subtil pantoute. Mais c'est quand même magique. Un coup de crayon et ma Mars a rajeuni de cinq mois. Apu existe vraiment, et il est Indien pour vrai ...
- À Haridwar, le gars du Room Service nous a chargé nos deux Coca-Cola avec la prose suivante : 2 Cocks ... Eeeeuhhhhhhh !!!!!
Bye !
Saturday, April 19, 2008
Haridwar
Nous voici maintenant dans cette ville importante de l'État d'Uttaranchal, aux pieds des montagnes himalayennes indiennes, mais de l'Ouest du pays cette fois. Après des petits ennuis de santé qui nous ont simultanément frappé moi et Jo, on peut enfin respirer et dire que tout va mieux. Nous avons retrouvé notre énergie des débuts, et nous sommes prêts à entreprendre ce dernier segment de notre séjour en Inde. Car oui, nous prenons un train demain matin pour Jammu, et de là un bus pour Srinagar, la capitale du Cachemire indien. Après ce sera le Ladakh voisin, avec sa culture bouddhiste et tibétaine, qui nous rappellera probablement le tant-adoré Sikkim. Et après, ce sera pas mal ca pour l'Inde ! Il fait toujours aux alentours de zéro degré dans le coin de Leh et du Ladakh, ce qui me réjouit au plus haut point, après les chaleurs insupportables de Varanasi et de la vallée du Gange (tiens, le fait d'être parti des températures de 45 degrés doit aider à se sentir un peu mieux ...) La situtation politique dans le Cachemire est relativement calme depuis quelques mois, surtout après la dernière élection au Pakistan, ou la nouvelle administration favorise le dialogue et se dit prête à en arriver à une entente. Car le Pakistan revendique l'ensemble du Cachemire (qui est majoritairement musulman), et les Cachemiris veulent soit un État indépendant, soit l'annexion au Pakistan. De là le fait que Srinagar est l'aéroport le mieux gardé au monde après Bagdad et que des dizaines de milliers de soldats patrouillent la ville. Toujours est-il qu'il faudra se tenir informé des derniers développements et que, de toute façon, on ne compte pas s'éterniser sur place. Le Ladakh nous attire un peu plus, et c'est davantage tranquille de ce côté-là. Le problème, c'est que c'est quasiment inaccessible (les routes sont fermées la plupart du temps ...) On verra bien.
Le départ de Varanasi fut rempli de magnifiques surprises. 42 degrés ce jour-là, et notre train a eu ... 4h30 de retard ! Par chance, des gentils policiers nous ont invité à les suivre et nous ont montré une pièce nommée ''Foreign tourist waiting room''. Quoi ?! Première fois que je voyais ça. Belle grande salle climatisée, avec de beaux divans bien confortables. De là, on avait une vue sur le tableau indicateur, qui nous apprenait à toutes les dix minutes que notre train serait encore plus en retard que prévu. Mais sans cette salle d'attente, on aurait sans aucun doute été victime d'un coup de chaleur sur les quais, dans la foule dense, comme quelques Indiens que j'ai vu d'ailleurs quand j'allais m'acheter des bons concombres au masala (en vente partout sur les quais, un vrai p'tit régal !). J'ignore pourquoi ce genre de salle d'attente existe, même que ça a un petit côté apartheid. Mais on aurait été cons de ne pas en profiter !
Bon, comme vous voyez, pas grand chose à raconter ! Mais je vais vous faire une petite confession : après presque quatre mois, je ne suis pas fâché que le volet indien de l'expédition tire à sa fin. Sans vouloir faire mon frais, je pense que ça doit être difficile à comprendre vu de l'extérieur et qu'il faut vraiment rester ici une quinzaine de semaines pour mieux visualiser ce qu'on ressent. Certaines choses nous émerveillent au début, puis nous blasent, pour finalement nous exaspérer. Je pensais rester un an ici au tout début, mais à moins de rester au même endroit durant plusieurs mois, je ne pense pas que j'aurais ''toffé'' ça. Car c'est loin d'être une partie de plaisir tous les jours ! :) Mais si mes prédictions sont bonnes, on aura quand même fait cinq mois en Inde. Après ça, on pense toujours aller décontracter un peu dans un -ou des- autre pays pas trop loin, et je ne sais pas trop pour combien de temps.
À part ça, quelques petites impressions sur Haridwar en vrac : ville vraiment charmante et relaxe, avec des petites rues piétonnières étroites. Par contre, c'est une ville sèche (on y sert pas d'alcool) car sainte. En effet, la source du Gange se trouve à quelques kilomètres en amont d'ici. Parlant du Gange, il n'a pas vraiment le même look qu'à Varanasi, c'est le moins qu'on puisse dire. Pas mal plus fière allure ! D'une couleur bleue, quasi limpide. Le courant est très puissant. On peut meme faire du rafting sur ce fleuve sacré, pas trop loin d'ici. Si demain nous n'arrivons pas a prendre notre train (124 et 125e sur la liste d'attente, donc ca devrait aller), ce pourrait etre intéressant ! En tout cas, le Gange a Haridwar n'a pas grand chose à voir avec la masse brune, stagnante et puante de Varanasi ; on a de la misère à s'imaginer qu'il s'agit du même fleuve. Sinon, des jolies petites montagnes verdoyantes encerclent la ville, un peu comme dans le West Bengal lorsqu'on approchait du Sikkim : on sent que la montagne (la vraie) n'est vraiment pas loin. On se reparle de là-bas, d'ailleurs !
Le départ de Varanasi fut rempli de magnifiques surprises. 42 degrés ce jour-là, et notre train a eu ... 4h30 de retard ! Par chance, des gentils policiers nous ont invité à les suivre et nous ont montré une pièce nommée ''Foreign tourist waiting room''. Quoi ?! Première fois que je voyais ça. Belle grande salle climatisée, avec de beaux divans bien confortables. De là, on avait une vue sur le tableau indicateur, qui nous apprenait à toutes les dix minutes que notre train serait encore plus en retard que prévu. Mais sans cette salle d'attente, on aurait sans aucun doute été victime d'un coup de chaleur sur les quais, dans la foule dense, comme quelques Indiens que j'ai vu d'ailleurs quand j'allais m'acheter des bons concombres au masala (en vente partout sur les quais, un vrai p'tit régal !). J'ignore pourquoi ce genre de salle d'attente existe, même que ça a un petit côté apartheid. Mais on aurait été cons de ne pas en profiter !
Bon, comme vous voyez, pas grand chose à raconter ! Mais je vais vous faire une petite confession : après presque quatre mois, je ne suis pas fâché que le volet indien de l'expédition tire à sa fin. Sans vouloir faire mon frais, je pense que ça doit être difficile à comprendre vu de l'extérieur et qu'il faut vraiment rester ici une quinzaine de semaines pour mieux visualiser ce qu'on ressent. Certaines choses nous émerveillent au début, puis nous blasent, pour finalement nous exaspérer. Je pensais rester un an ici au tout début, mais à moins de rester au même endroit durant plusieurs mois, je ne pense pas que j'aurais ''toffé'' ça. Car c'est loin d'être une partie de plaisir tous les jours ! :) Mais si mes prédictions sont bonnes, on aura quand même fait cinq mois en Inde. Après ça, on pense toujours aller décontracter un peu dans un -ou des- autre pays pas trop loin, et je ne sais pas trop pour combien de temps.
À part ça, quelques petites impressions sur Haridwar en vrac : ville vraiment charmante et relaxe, avec des petites rues piétonnières étroites. Par contre, c'est une ville sèche (on y sert pas d'alcool) car sainte. En effet, la source du Gange se trouve à quelques kilomètres en amont d'ici. Parlant du Gange, il n'a pas vraiment le même look qu'à Varanasi, c'est le moins qu'on puisse dire. Pas mal plus fière allure ! D'une couleur bleue, quasi limpide. Le courant est très puissant. On peut meme faire du rafting sur ce fleuve sacré, pas trop loin d'ici. Si demain nous n'arrivons pas a prendre notre train (124 et 125e sur la liste d'attente, donc ca devrait aller), ce pourrait etre intéressant ! En tout cas, le Gange a Haridwar n'a pas grand chose à voir avec la masse brune, stagnante et puante de Varanasi ; on a de la misère à s'imaginer qu'il s'agit du même fleuve. Sinon, des jolies petites montagnes verdoyantes encerclent la ville, un peu comme dans le West Bengal lorsqu'on approchait du Sikkim : on sent que la montagne (la vraie) n'est vraiment pas loin. On se reparle de là-bas, d'ailleurs !
Monday, April 14, 2008
Jaipur - Agra - Varanasi
Je vais tout d'abord revenir un peu sur Jaipur, car il est bien vrai que je n'en avais pas glissé un seul mot. J'ai exploré la ville par moi-même, car quand Jo et Julie étaient prets à partir, je ne me sentais pas super bien (un truc qui me colle depuis quelques temps). La capitale du Rajasthan avait absolument tout pour m'attirer, et faisait office de vieux fantasme pour moi, depuis le jour où j'avais vu un documentaire à Découverte qui expliquait la hiérarchie entre les clans de singes qui peuplent la ville. Il s'y dégageait une aura de mystère, comme quelque chose de loin et d'inssaisissable. Sans compter le fameux Palais des Vents, qui figure dans toutes les brochures touristiques qui parlent de l'Inde. Ok, disons que Jaipur ressemble à n'importe quel autre gros bled indien. Bruit, stress, pollution, odeurs nauséabondes. Les singes semblent très bien cachés, beaucoup plus qu'ailleurs en tout cas. Et le Palais des Vents, sérieusement, quelle déception. Il ne s'agit que de la facade d'un bâtiment au coin d'une intersection fort encombrée. Minuscule. On aurait juré qu'il s'agissait d'une reconstitution format réduit en carton-pâte. Quand le chauffeur de rickshaw m'a déposé là, je lui ai sérieusement demandé s'il ne s'agissait pas d'une blague. Eh non ! Pourtant, dans les brochures, on s'imagine un véritable palais, au coeur d'un immense terrain. Au lieu de ça, ce n'est que le devant d'un building faisant quelques dizaines de mètres de long, pogné entre deux magasins de cossins. Anyway ...
Nous sommes arrivés à Agra un vendredi en milieu d'après-midi, avec un billet de train en main pour Varanasi en fin de soirée. En chemin, Raj, notre chauffeur, nous a ammené dans un temple dédié à Hannuman (le Dieu singe) dans un bled perdu aux abords de la frontière entre le Rajasthan et l'Uttar Pradesh. L'une des expériences les plus déroutantes de toute ma vie, même après plusieurs visites de temples. Gens en transe poussant des cris indescriptibles, se frappant la tête sur les murs ... Une odeur fétide régnait, et tous les regards semblaient sortis de l'au-delà. Après trois ou quatre minutes, nous avons fait demi-tour et sommes tout simplement sortis, sentant que nous n'étions pas tout à fait a notre place. Mais ça valait la peine de voir ce côté de l'Inde, où la ferveur religieuse fait tout de même un peu peur, et où ça se passe comme ça devait se passer exactement de la même facon qu'il y a 2000 ans ...
On se séparait de notre chauffeur à Agra. Le vendredi, le Taj Mahal est fermé. Mais il a convenu de nous déposer dans un resto avec une terrasse sur le toit, de laquelle nous avons une excellente vue du Taj. Promesse tenue. Raj a fait la gueule pour notre pourboire qu'il trouvait vraiment trop peu généreux, mais il a été lourd pendant deux semaines avec ses histoires d'hôtels imposés dont on ne voulait rien savoir. Disons que nous sommes bien à l'aise avec notre conscience, et qu'à part son salaire de base, il va faire un très bon bout de chemin avec ce que nous lui avons donné. Mais on ne le changera pas. Un peu cave le gars. Quelques minutes après nos adieux déchirants avec lui, j'aperçois un couple qui vient s'installer sur la terrasse, et dont le gars m'a un visage très familier. Je les entend parler Québécois. Après quelques minutes d'analyse de la situation, je le reconnais : c'est le chanteur Yann Perreault. J'avais d'ailleurs lu dans Le Devoir que Julie m'a amené qu'il était en Inde pendant quelques temps. Ben coudon ! Ils ne restent pas très longtemps, mais on convient de se rencontrer sur la terrasse d'un autre hôtel pas loin dans une heure ou deux pour boire quelques bières également avec un autre couple, ce que nous ferons. Un type bien sympa ! On échange nos expériences de voyage, il est là pour sept semaines. Il avait été invité par un organisme francophone à Delhi pour donner un spectacle et a décidé de prolonger le trip un peu avec sa blonde. Il nous recommande une chouette adresse à Varanasi et on se sépare quand vient le temps d'aller prendre notre train vers 23 heures ... Court mais intense passage à Agra, qui nous fait presque regretter de ne pas y avoir passé une nuit, finalement. Et le Taj est si beau. J'ai fait des photos qui ont de l'allure, mais peut-être que ça aurait pu valoir le coup d'aller le visiter pour vrai, malgré le prix de fou. Mais bon, nous avons notre billet en main, et je reviendrai en Inde un jour, de toute façon.
Varanasi, anciennement connue sous le nom de Bénarès, est à la hauteur de sa réputation. Ville sainte par excellence de l'hindouisme, c'est ici qu'on vient y mourir en masse. Car pour les Hindous, mourir à Varanasi, c'est se sortir du cercle éternel des réincarnations et enfin goûter au vrai repos. De nombreux vieillards assis sur les ghats qui longent le Gange semblent n'attendre que la mort. Nous avons eu une intéressante conversation avec le type qui s'occupe de fournir le bois combustible aux familles des défunts, sur l'un des "burning ghats". Des histoires assez incroyables en fait, qui donnent encore moins le goût de tremper ne serait-ce qu'un seul orteil dans le Gange (même si j'ai fini par m'y tremper les pieds éventuellement). Cinq catégories de personnes n'ont pas besoin de crémation et peuvent voir leur cadavre être balancé directement dans le fleuve, chaîne et pierre aux pieds. Les sadhus (hommes de prière et de renonciation), les victimes de morsures de serpent (punition divine, donc automatiquement purifiés), les enfants de moins de 8 ans, les femmes enceintes et les gens atteints de variole (je ne me souviens plus trop pourquoi). Imaginez ... enfiler un scaphandre et aller voir tout ce qu'il se passe là-dessous. A faire fremir. Il nous a aussi raconté qu'il y a quelques années, les familles pauvres n'avaient pas assez d'argent pour acheter tout le bois nécessaire à la crémation complète d'un corps, de là les fameuses histoires de bras et de jambes flottant en permanence dans le plus sacré des fleuves. Heureusement, cette époque est révolue et des "fours" spéciaux sont à la disposition des familles moins aisées. Un peu moins poétique comme façon de procéder, mais le Gange s'en porte sans doute mieux. Le monsieur nous a egalement montré le "feu éternel" servant a enflammer les buchers, et qui ne se serait pas éteint depuis environ 3000 ans ... Malgré le fait que l'on sache (presque) tous que ce fleuve est l'un des plus dégueu de la planète, c'est hallucinant de voir les Indiens s'y baigner allégrement, à trois mètres d'un troupeau de vaches cherchant lui aussi un peu de fraîcheur.
Sinon, la chaleur est insupportable. 47 degrés avant-hier (sans l'Humidex), 42 aujourd'hui. Nous avons quitté l'hôtel recommandé par Yann après deux jours ; il était situé directement sur les ghats (ce qui est génial en temps normal), donc l'humidité dégagée par le fleuve combinée à une chaleur impossible à décrire rendait vraiment les choses insupportables. On a switché pour un hôtel plus luxueux avec piscine dans le Cantonment, quartier à l'intérieur des terres et un peu plus bourgeois (c'est là qu'étaient installés les Britanniques à l'époque de la colonie). De un, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas payés un petit luxe (ça fait tellement de bien), de deux, la chaleur s'en trouve beaucoup plus supportable près de la piscine, et de trois, nous sommes à côté de l'aéroport, ce qui arrange Julie, qui nous quitte demain.
-
Je n'ai publié aucune de mes presque 1000 photos jusqu'à maintenant. Qu'à cela ne tienne, Julie repart avec mes deux cartes-mémoire bien pleines, et s'occupera de mettre le tout sur Flickr ou un truc comme ça. Donc, ça s'en vient, et cette fois-ci, c'est pour vrai. Merci Julie, et bon retour ! :)
Nous sommes arrivés à Agra un vendredi en milieu d'après-midi, avec un billet de train en main pour Varanasi en fin de soirée. En chemin, Raj, notre chauffeur, nous a ammené dans un temple dédié à Hannuman (le Dieu singe) dans un bled perdu aux abords de la frontière entre le Rajasthan et l'Uttar Pradesh. L'une des expériences les plus déroutantes de toute ma vie, même après plusieurs visites de temples. Gens en transe poussant des cris indescriptibles, se frappant la tête sur les murs ... Une odeur fétide régnait, et tous les regards semblaient sortis de l'au-delà. Après trois ou quatre minutes, nous avons fait demi-tour et sommes tout simplement sortis, sentant que nous n'étions pas tout à fait a notre place. Mais ça valait la peine de voir ce côté de l'Inde, où la ferveur religieuse fait tout de même un peu peur, et où ça se passe comme ça devait se passer exactement de la même facon qu'il y a 2000 ans ...
On se séparait de notre chauffeur à Agra. Le vendredi, le Taj Mahal est fermé. Mais il a convenu de nous déposer dans un resto avec une terrasse sur le toit, de laquelle nous avons une excellente vue du Taj. Promesse tenue. Raj a fait la gueule pour notre pourboire qu'il trouvait vraiment trop peu généreux, mais il a été lourd pendant deux semaines avec ses histoires d'hôtels imposés dont on ne voulait rien savoir. Disons que nous sommes bien à l'aise avec notre conscience, et qu'à part son salaire de base, il va faire un très bon bout de chemin avec ce que nous lui avons donné. Mais on ne le changera pas. Un peu cave le gars. Quelques minutes après nos adieux déchirants avec lui, j'aperçois un couple qui vient s'installer sur la terrasse, et dont le gars m'a un visage très familier. Je les entend parler Québécois. Après quelques minutes d'analyse de la situation, je le reconnais : c'est le chanteur Yann Perreault. J'avais d'ailleurs lu dans Le Devoir que Julie m'a amené qu'il était en Inde pendant quelques temps. Ben coudon ! Ils ne restent pas très longtemps, mais on convient de se rencontrer sur la terrasse d'un autre hôtel pas loin dans une heure ou deux pour boire quelques bières également avec un autre couple, ce que nous ferons. Un type bien sympa ! On échange nos expériences de voyage, il est là pour sept semaines. Il avait été invité par un organisme francophone à Delhi pour donner un spectacle et a décidé de prolonger le trip un peu avec sa blonde. Il nous recommande une chouette adresse à Varanasi et on se sépare quand vient le temps d'aller prendre notre train vers 23 heures ... Court mais intense passage à Agra, qui nous fait presque regretter de ne pas y avoir passé une nuit, finalement. Et le Taj est si beau. J'ai fait des photos qui ont de l'allure, mais peut-être que ça aurait pu valoir le coup d'aller le visiter pour vrai, malgré le prix de fou. Mais bon, nous avons notre billet en main, et je reviendrai en Inde un jour, de toute façon.
Varanasi, anciennement connue sous le nom de Bénarès, est à la hauteur de sa réputation. Ville sainte par excellence de l'hindouisme, c'est ici qu'on vient y mourir en masse. Car pour les Hindous, mourir à Varanasi, c'est se sortir du cercle éternel des réincarnations et enfin goûter au vrai repos. De nombreux vieillards assis sur les ghats qui longent le Gange semblent n'attendre que la mort. Nous avons eu une intéressante conversation avec le type qui s'occupe de fournir le bois combustible aux familles des défunts, sur l'un des "burning ghats". Des histoires assez incroyables en fait, qui donnent encore moins le goût de tremper ne serait-ce qu'un seul orteil dans le Gange (même si j'ai fini par m'y tremper les pieds éventuellement). Cinq catégories de personnes n'ont pas besoin de crémation et peuvent voir leur cadavre être balancé directement dans le fleuve, chaîne et pierre aux pieds. Les sadhus (hommes de prière et de renonciation), les victimes de morsures de serpent (punition divine, donc automatiquement purifiés), les enfants de moins de 8 ans, les femmes enceintes et les gens atteints de variole (je ne me souviens plus trop pourquoi). Imaginez ... enfiler un scaphandre et aller voir tout ce qu'il se passe là-dessous. A faire fremir. Il nous a aussi raconté qu'il y a quelques années, les familles pauvres n'avaient pas assez d'argent pour acheter tout le bois nécessaire à la crémation complète d'un corps, de là les fameuses histoires de bras et de jambes flottant en permanence dans le plus sacré des fleuves. Heureusement, cette époque est révolue et des "fours" spéciaux sont à la disposition des familles moins aisées. Un peu moins poétique comme façon de procéder, mais le Gange s'en porte sans doute mieux. Le monsieur nous a egalement montré le "feu éternel" servant a enflammer les buchers, et qui ne se serait pas éteint depuis environ 3000 ans ... Malgré le fait que l'on sache (presque) tous que ce fleuve est l'un des plus dégueu de la planète, c'est hallucinant de voir les Indiens s'y baigner allégrement, à trois mètres d'un troupeau de vaches cherchant lui aussi un peu de fraîcheur.
Sinon, la chaleur est insupportable. 47 degrés avant-hier (sans l'Humidex), 42 aujourd'hui. Nous avons quitté l'hôtel recommandé par Yann après deux jours ; il était situé directement sur les ghats (ce qui est génial en temps normal), donc l'humidité dégagée par le fleuve combinée à une chaleur impossible à décrire rendait vraiment les choses insupportables. On a switché pour un hôtel plus luxueux avec piscine dans le Cantonment, quartier à l'intérieur des terres et un peu plus bourgeois (c'est là qu'étaient installés les Britanniques à l'époque de la colonie). De un, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas payés un petit luxe (ça fait tellement de bien), de deux, la chaleur s'en trouve beaucoup plus supportable près de la piscine, et de trois, nous sommes à côté de l'aéroport, ce qui arrange Julie, qui nous quitte demain.
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Je n'ai publié aucune de mes presque 1000 photos jusqu'à maintenant. Qu'à cela ne tienne, Julie repart avec mes deux cartes-mémoire bien pleines, et s'occupera de mettre le tout sur Flickr ou un truc comme ça. Donc, ça s'en vient, et cette fois-ci, c'est pour vrai. Merci Julie, et bon retour ! :)
Wednesday, April 9, 2008
Udaipur - Pushkar - Jaipur
Pas grand chose à raconter. Peut-être le fait que j'ai un peu hâte que se termine cette tournée express du Rajasthan. Oui, on aura vu toutes les villes d'importance de cet État, mais on n'a jamais le temps de se poser nul part. La plupart du temps, on reste à peine 24 heures dans chaque ville. Bah sinon, Udaipur fut une réelle surprise : très calme et paisible pour une grande ville indienne. En plein milieu de la rivière qui traverse la ville trône le Lake Palace, un des hôtels les plus luxueux de l'Inde. Accessible seulement en gondole. Interdit d'y entrer à moins bien sûr d'y loger ou d'y prendre un repas (les thalis -riz, sauce, légumes- sont à 6000 Rps -175$-). C'est là que fut tourné le James Bond ''Octopussy''. D'ailleurs, les Udaipuriens (ouf!) en sont pas mal fiers. Nombre d'hôtels projettent le film tous les soirs !!! Ça dure sans doute depuis les années 70. Pauvre staff ...
Ensuite, une brève halte dans le village de Pushkar, qui fait office de ville sainte. Pushkar est très spéciale : nombre de hippies naufragés des années 70 n'en sont jamais repartis, et on croise toute sortes de phénomènes dans les rues. Dans la guesthouse ou nous logions, il y avait Jean-Michel, un Montréalais dans la quarantaine, scotché à Pushkar depuis son arrivée en Inde il y a environ deux mois. Incapable d'en repartir, dit-il. Même chose pour Francisco, un Barcelonais qui vient y passer plusieurs mois par année depuis environ 25 ans. Le village cerne un lac (sacré, bien sûr) bordé de nombreux ghats, ces escaliers qui descendent jusque dans l'eau, et par lesquels les pellerins vont se purifier et faire leurs ablutions. Il y règne une ambiance toute particulière, avec tous les mauvais côtés que ça implique. Eh oui, les rabatteurs. L'arnaque la plus courante consiste à vous donner des pétales de rose et vous inviter à les jeter dans le lac. Rituel, qu'ils disent. Une fois la chose faite, on vous entoure et vous incite agressivement à faire une donation très élevée. Par chance, nous connaissions déjà la crosse, et je n'ai vu aucun touriste se faire piéger. Mais si vous passez par Pushkar un jour, attention ! À part ça, pas mal de singes dans la région. C'est toutefois une race différente qu'à Delhi : ils sont tous blancs avec un espèce de masque noir. Il faut les voir sauter d'un édifice à l'autre et montrer les dents aux passants qui s'aventurent un peu trop près.
En chemin vers Pushkar, nous avons fait une brève halte à Ranakpur, célèbre pour son temple jaïn. Que dire à part le fait que c'est le plus beau temple que j'aie vu jusqu'à maintenant. Fait de marbre blanc, il y a environ deux cent colonnes à l'intérieur, dont les ornements savamment sculptés et détaillés diffèrent complètement d'une colonne à l'autre. Le problème, c'est que la veille, j'ai goûté à mon premier bhang lassi dans la guesthouse du volubile Yogi, à Jodhpur, la Ville Bleue. Calvaire ! Demandez-le ''soft'' la premièere fois. Ça m'a fessé pendant trois jours. Si bien que j'étais dans les vapes pas mal pour visiter Ranakpur, mais je me souviens que c'était majestueux. ;)
La magnifique tournée avec le magnifique chauffeur se termine donc après-demain, en passant par la non-moins magnifique Agra et son Taj Mahal. Je blague, car en fait, je ne voulais pas du tout aller là. Même les Indiens détestent, c'est une ville d'escrocs et d'arnaqueurs. Pas loin de 1000 Rps pour prendre une photo du Taj. Je préfère acheter une carte postale à 5 Rps. Nous avons un train d'Agra à Varanasi le soir-même ; nous nous sommes arrangés pour passer le moins de temps possible à Agra, et surtout de ne pas y dormir. On y passera environ quatre heures, le temps de mater le Taj de loin, de prendre un souper et de trouver la gare.
À bientôt !
Ensuite, une brève halte dans le village de Pushkar, qui fait office de ville sainte. Pushkar est très spéciale : nombre de hippies naufragés des années 70 n'en sont jamais repartis, et on croise toute sortes de phénomènes dans les rues. Dans la guesthouse ou nous logions, il y avait Jean-Michel, un Montréalais dans la quarantaine, scotché à Pushkar depuis son arrivée en Inde il y a environ deux mois. Incapable d'en repartir, dit-il. Même chose pour Francisco, un Barcelonais qui vient y passer plusieurs mois par année depuis environ 25 ans. Le village cerne un lac (sacré, bien sûr) bordé de nombreux ghats, ces escaliers qui descendent jusque dans l'eau, et par lesquels les pellerins vont se purifier et faire leurs ablutions. Il y règne une ambiance toute particulière, avec tous les mauvais côtés que ça implique. Eh oui, les rabatteurs. L'arnaque la plus courante consiste à vous donner des pétales de rose et vous inviter à les jeter dans le lac. Rituel, qu'ils disent. Une fois la chose faite, on vous entoure et vous incite agressivement à faire une donation très élevée. Par chance, nous connaissions déjà la crosse, et je n'ai vu aucun touriste se faire piéger. Mais si vous passez par Pushkar un jour, attention ! À part ça, pas mal de singes dans la région. C'est toutefois une race différente qu'à Delhi : ils sont tous blancs avec un espèce de masque noir. Il faut les voir sauter d'un édifice à l'autre et montrer les dents aux passants qui s'aventurent un peu trop près.
En chemin vers Pushkar, nous avons fait une brève halte à Ranakpur, célèbre pour son temple jaïn. Que dire à part le fait que c'est le plus beau temple que j'aie vu jusqu'à maintenant. Fait de marbre blanc, il y a environ deux cent colonnes à l'intérieur, dont les ornements savamment sculptés et détaillés diffèrent complètement d'une colonne à l'autre. Le problème, c'est que la veille, j'ai goûté à mon premier bhang lassi dans la guesthouse du volubile Yogi, à Jodhpur, la Ville Bleue. Calvaire ! Demandez-le ''soft'' la premièere fois. Ça m'a fessé pendant trois jours. Si bien que j'étais dans les vapes pas mal pour visiter Ranakpur, mais je me souviens que c'était majestueux. ;)
La magnifique tournée avec le magnifique chauffeur se termine donc après-demain, en passant par la non-moins magnifique Agra et son Taj Mahal. Je blague, car en fait, je ne voulais pas du tout aller là. Même les Indiens détestent, c'est une ville d'escrocs et d'arnaqueurs. Pas loin de 1000 Rps pour prendre une photo du Taj. Je préfère acheter une carte postale à 5 Rps. Nous avons un train d'Agra à Varanasi le soir-même ; nous nous sommes arrangés pour passer le moins de temps possible à Agra, et surtout de ne pas y dormir. On y passera environ quatre heures, le temps de mater le Taj de loin, de prendre un souper et de trouver la gare.
À bientôt !
Friday, April 4, 2008
Khuri - Jaisalmer - Jodhpur
Khuri est un minuscule village pas encore trop corrompu par le tourisme, et situé à 40 kilomètres de Jaisalmer. C'est là que nous avons abouti dans la guesthouse de Badal, charmant bonhomme qui vit dans une maison à aire ouverte, avec sa femme, ses enfants, ses nombreuses chèvres, son chien, son chat, sa vache et son chameau. Il nous a offert la possibilité de transporter des lits sur le toit de sa maison pour dormir à la belle étoile, ce que nous avons évidemment fait. À part le concert incessant des chiens une fois le soleil couché, ce fut plutôt tranquille et sympa. Se faire réveiller par les doux rayons du soleil rajasthani et la brise calme du désert, ça vaut le détour ! Badal étant un ancien conducteur de chameaux, il propose des safaris dans le désert à des prix vraiment alléchants. L'idée était surtout de dormir dans le désert, donc partir le moins longtemps possible. D'autant plus que passer de longues journées à dos de chameau, ça finit par faire mal au cul. Badal nous a donc proposé de partir le lendemain vers 16h (une fois que le soleil ne tape plus trop fort) et de revenir le lendemain matin vers 10h30. Voilà qui semblait plutôt cool. Et ce le fut. Pour nous mettre dans le bain bien comme il faut, après environ trente minutes, on voit une tempête de sable se pointer à l'horizon et qui, évidemment, foncait droit sur nous. On y a pas mal goûté ; les gouttes de pluie ressemblaient parfois à de gros grêlons, et le sable envahissait nos bouches et nos yeux. À ce sujet, dans la plupart des restos de la région, c'est malheureusement inévitable : la plupart de nos plats sont pimentés d'un invité indésirable qui fait crounch crounch quand on mange. Le sable est partout. Nous avons eu droit à un combat d'antilopes devant notre camp, saison des amours oblige, je suppose. Ainsi qu'à une gentille chèvre du désert qui est venue passer la nuit avec nous sur le bord du feu, et qui s'est enfuie en même temps que le jour se levait.
Malheureusement, nous avons tous trouvé que Jaisalmer fut un tantinet décevante. Quand on regarde sur une carte, cette ville de 80 000 habitants semble attirante de par sa position complètement perdue au coeur du désert de Thar. Or, celle-ci se divise en deux parties : la ville fortifiée, qui n'a conservé d'authentique que son architecture, et la vieille ville. Le reste n'est que de la business de touristes ; les magasins de cartes postales et autres cossins ont envahi les rues étroites qui jadis devaient être fort animées. Résultat : on y croise davantage de Blancs que d'Indiens. Ensuite, il y a la vieille ville, qui ne se démarque en rien des autres grosses bourgades indiennes : bruit, saleté, poussière, etc. Il n'y avait pas de cette petite touche ''désert'' comme je m'y attendais. Mais ce n'est pas bien grave puisque nous n'y avons même pas passé 24 heures. Oh, et notre hôtel était pourvu d'une piscine à l'eau un peu douteuse certes, mais une piscine quand même. Du jamais vu depuis Kovalam beach, et bien appréciée après une journée dans la chaleur intense, le sable et la poussière.
Nous sommes maintenant à Jodhpur. Dans notre guide, on y indique qu'il s'agit de la ville la plus ensoleillée du pays, avec seulement 18 jours sans soleil dans l'année. Et ça ne veut pas dire pour autant qu'il pleuve durant ces 18 jours. Résultat ? Chanceux comme nous sommes, il pleut pas mal aujourd'hui. Le proprio de notre hôtel nous indique que ce n'est vraiment pas bon pour l'agriculture cette pluie en dehors de la période de mousson. Les subtilités du pourquoi m'ont échappé, mais plusieurs fermiers auraient perdu ce qui s'annonçait une bonne récolte ce matin.
À part ça, avoir une voiture avec chauffeur comporte beaucoup d'inconvénients. Oui nous sauvons du temps et de l'énergie. Mais l'Inde reste l'Inde : le chauffeur touche une commission s'il réussit à nous faire prendre une chambre dans un hôtel pré-déterminé par l'agence. Et évidemment, ce ne sont pas les moins chers. Donc il faut toujours lutter pour se faire conduire à l'endroit de notre choix. Ça finit par fonctionner, mais c'est un peu chiant, admettons-le. Le chauffeur fait la gueule quand on lui dit qu'on ne veut pas voir son hôtel et que nous en avons ciblé un nous-mêmes. Mais que de roupies de sauvées jusqu'à maintenant en choisissant nos gîtes sans passer par lui ...
La tournée du Rajasthan se poursuit après-demain. Demain sera consacré à la découverte de Jodhpur, car ce soir, on prend ça plutôt relax après une autre journée quasi-complète de char dans le désert.
Malheureusement, nous avons tous trouvé que Jaisalmer fut un tantinet décevante. Quand on regarde sur une carte, cette ville de 80 000 habitants semble attirante de par sa position complètement perdue au coeur du désert de Thar. Or, celle-ci se divise en deux parties : la ville fortifiée, qui n'a conservé d'authentique que son architecture, et la vieille ville. Le reste n'est que de la business de touristes ; les magasins de cartes postales et autres cossins ont envahi les rues étroites qui jadis devaient être fort animées. Résultat : on y croise davantage de Blancs que d'Indiens. Ensuite, il y a la vieille ville, qui ne se démarque en rien des autres grosses bourgades indiennes : bruit, saleté, poussière, etc. Il n'y avait pas de cette petite touche ''désert'' comme je m'y attendais. Mais ce n'est pas bien grave puisque nous n'y avons même pas passé 24 heures. Oh, et notre hôtel était pourvu d'une piscine à l'eau un peu douteuse certes, mais une piscine quand même. Du jamais vu depuis Kovalam beach, et bien appréciée après une journée dans la chaleur intense, le sable et la poussière.
Nous sommes maintenant à Jodhpur. Dans notre guide, on y indique qu'il s'agit de la ville la plus ensoleillée du pays, avec seulement 18 jours sans soleil dans l'année. Et ça ne veut pas dire pour autant qu'il pleuve durant ces 18 jours. Résultat ? Chanceux comme nous sommes, il pleut pas mal aujourd'hui. Le proprio de notre hôtel nous indique que ce n'est vraiment pas bon pour l'agriculture cette pluie en dehors de la période de mousson. Les subtilités du pourquoi m'ont échappé, mais plusieurs fermiers auraient perdu ce qui s'annonçait une bonne récolte ce matin.
À part ça, avoir une voiture avec chauffeur comporte beaucoup d'inconvénients. Oui nous sauvons du temps et de l'énergie. Mais l'Inde reste l'Inde : le chauffeur touche une commission s'il réussit à nous faire prendre une chambre dans un hôtel pré-déterminé par l'agence. Et évidemment, ce ne sont pas les moins chers. Donc il faut toujours lutter pour se faire conduire à l'endroit de notre choix. Ça finit par fonctionner, mais c'est un peu chiant, admettons-le. Le chauffeur fait la gueule quand on lui dit qu'on ne veut pas voir son hôtel et que nous en avons ciblé un nous-mêmes. Mais que de roupies de sauvées jusqu'à maintenant en choisissant nos gîtes sans passer par lui ...
La tournée du Rajasthan se poursuit après-demain. Demain sera consacré à la découverte de Jodhpur, car ce soir, on prend ça plutôt relax après une autre journée quasi-complète de char dans le désert.
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