Friday, April 4, 2008

Khuri - Jaisalmer - Jodhpur

Khuri est un minuscule village pas encore trop corrompu par le tourisme, et situé à 40 kilomètres de Jaisalmer. C'est là que nous avons abouti dans la guesthouse de Badal, charmant bonhomme qui vit dans une maison à aire ouverte, avec sa femme, ses enfants, ses nombreuses chèvres, son chien, son chat, sa vache et son chameau. Il nous a offert la possibilité de transporter des lits sur le toit de sa maison pour dormir à la belle étoile, ce que nous avons évidemment fait. À part le concert incessant des chiens une fois le soleil couché, ce fut plutôt tranquille et sympa. Se faire réveiller par les doux rayons du soleil rajasthani et la brise calme du désert, ça vaut le détour ! Badal étant un ancien conducteur de chameaux, il propose des safaris dans le désert à des prix vraiment alléchants. L'idée était surtout de dormir dans le désert, donc partir le moins longtemps possible. D'autant plus que passer de longues journées à dos de chameau, ça finit par faire mal au cul. Badal nous a donc proposé de partir le lendemain vers 16h (une fois que le soleil ne tape plus trop fort) et de revenir le lendemain matin vers 10h30. Voilà qui semblait plutôt cool. Et ce le fut. Pour nous mettre dans le bain bien comme il faut, après environ trente minutes, on voit une tempête de sable se pointer à l'horizon et qui, évidemment, foncait droit sur nous. On y a pas mal goûté ; les gouttes de pluie ressemblaient parfois à de gros grêlons, et le sable envahissait nos bouches et nos yeux. À ce sujet, dans la plupart des restos de la région, c'est malheureusement inévitable : la plupart de nos plats sont pimentés d'un invité indésirable qui fait crounch crounch quand on mange. Le sable est partout. Nous avons eu droit à un combat d'antilopes devant notre camp, saison des amours oblige, je suppose. Ainsi qu'à une gentille chèvre du désert qui est venue passer la nuit avec nous sur le bord du feu, et qui s'est enfuie en même temps que le jour se levait.

Malheureusement, nous avons tous trouvé que Jaisalmer fut un tantinet décevante. Quand on regarde sur une carte, cette ville de 80 000 habitants semble attirante de par sa position complètement perdue au coeur du désert de Thar. Or, celle-ci se divise en deux parties : la ville fortifiée, qui n'a conservé d'authentique que son architecture, et la vieille ville. Le reste n'est que de la business de touristes ; les magasins de cartes postales et autres cossins ont envahi les rues étroites qui jadis devaient être fort animées. Résultat : on y croise davantage de Blancs que d'Indiens. Ensuite, il y a la vieille ville, qui ne se démarque en rien des autres grosses bourgades indiennes : bruit, saleté, poussière, etc. Il n'y avait pas de cette petite touche ''désert'' comme je m'y attendais. Mais ce n'est pas bien grave puisque nous n'y avons même pas passé 24 heures. Oh, et notre hôtel était pourvu d'une piscine à l'eau un peu douteuse certes, mais une piscine quand même. Du jamais vu depuis Kovalam beach, et bien appréciée après une journée dans la chaleur intense, le sable et la poussière.

Nous sommes maintenant à Jodhpur. Dans notre guide, on y indique qu'il s'agit de la ville la plus ensoleillée du pays, avec seulement 18 jours sans soleil dans l'année. Et ça ne veut pas dire pour autant qu'il pleuve durant ces 18 jours. Résultat ? Chanceux comme nous sommes, il pleut pas mal aujourd'hui. Le proprio de notre hôtel nous indique que ce n'est vraiment pas bon pour l'agriculture cette pluie en dehors de la période de mousson. Les subtilités du pourquoi m'ont échappé, mais plusieurs fermiers auraient perdu ce qui s'annonçait une bonne récolte ce matin.

À part ça, avoir une voiture avec chauffeur comporte beaucoup d'inconvénients. Oui nous sauvons du temps et de l'énergie. Mais l'Inde reste l'Inde : le chauffeur touche une commission s'il réussit à nous faire prendre une chambre dans un hôtel pré-déterminé par l'agence. Et évidemment, ce ne sont pas les moins chers. Donc il faut toujours lutter pour se faire conduire à l'endroit de notre choix. Ça finit par fonctionner, mais c'est un peu chiant, admettons-le. Le chauffeur fait la gueule quand on lui dit qu'on ne veut pas voir son hôtel et que nous en avons ciblé un nous-mêmes. Mais que de roupies de sauvées jusqu'à maintenant en choisissant nos gîtes sans passer par lui ...

La tournée du Rajasthan se poursuit après-demain. Demain sera consacré à la découverte de Jodhpur, car ce soir, on prend ça plutôt relax après une autre journée quasi-complète de char dans le désert.

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