Le séjour à Siem Reap fut plutôt tranquille et sympa. Les temples d'Angkor sont évidemment fidèles à leur réputation, même si ça me faisait énormément penser à ce que j'avais déjà vu à Ayuttaya en Thaïlande, en 2004. Cependant, la superficie concernée est des centaines de fois plus grande. Ils vendent d'ailleurs des passes pour une, deux ou trois journées, tout le monde s'entendant pour dire qu'une journée, ce n'est définitivement pas suffisant. Sacrilège ou pas, nous n'avons pris une passe que pour une journée. Je vous assure que c'est amplement suffisant vu le contexte ... Je le répète, mais après quatre mois de tourisme, on se tanne un peu de visiter des trucs, qu'ils soient mondialement célèbres ou pas. De plus, la chaleur est particulièrement pénible au Cambodge ces jours-ci. C'était bien assez pour moi. Quoiqu'il en soit, Jo est un petit ratoureux. Il s'est lié d'amitié avec une fille travaillant sur le site, et est retourné la voir les deux jours suivants ! Le troisième jour, il me demande si ça me dérange qu'elle nous accompagne à Phnom Penh et à Sihanoukville : elle n'est jamais sortie de Siem Reap, sa patronne est d'accord pour la libérer une semaine ou deux, puisque c'est tranquille ces temps-ci au niveau touristique. Bien sûr que ça ne me dérange pas, même que ça me fait plaisir. '' Mais Jo, fallait que je te parle de toute façon ... Je ne pense pas aller à Sihanoukville .. '' ''Quoi??!''
Eh oui, plusieurs raisons murissent mon choix, et la nouvelle amie de Jo (qui n'est qu'une amie, entendons-nous!) n'y est absolument pour rien. De un, je commence à être serré un peu financièrement. Pas que je manque d'argent, mais je dois penser à mon retour. Je veux qu'il me reste suffisament d'argent pour pouvoir vivre quelques semaines à Montréal sans trop stresser. Et puisque je devrai me trouver un appartement pas mal dès mon retour, faut prévoir le coup. Ce serait d'une irresponsabilité totale de rentrer au Québec le porte-feuille vide. De deux, Sihanoukville ne m'attire pas plus qu'il le faut. Plage, farniente, bière, bouffe, oisiveté totale, je ne suis pas dans ce mood ces jours-ci et je n'en ressens pas particulièrement le besoin. Et de trois, ça fait depuis le début du voyage qu'on se dit que ce serait bien de faire un petit bout en solo. Ca manque parfois de défi ; tout étant si facile à deux. Et finalement, je commence à m'ennuyer de mon monde et à avoir hâte de rentrer, ça joue pas mal, ça aussi. Ah oui, et y a une autre raison. Je commence à avoir hâte d'aller consulter un médecin. Rien de grave, rien qui ne m'empêche de fonctionner, mais un petit embêtement au niveau digestif qui ne semble pas vouloir s'en aller, après plus d'un mois. Je lui assure que c'est absolument rien de personnel, et mes explications le convaiquent. Ma décision est prise : pendant que lui se dirigera à Sihanoukville, je prendrai le chemin de Ho Chi Minh Ville au Viet-Nâm, d'où les billets d'avion sont de 400 à 500 dollars de moins cher qu'en partance de Phnom Penh. Et puis, j'en profiterai pour visiter un peu cette grouillante métropole quelques jours en solitaire, le temps de régler les formalités de mon billet d'avion. Alors voilà où j'en suis ! Je suis bien à l'aise avec ma décision, ça donnera un petit coup d'aventure qui manquait un peu dernièrement.
Nous sommes en ce moment à Phnom Penh, la sympathique capitale du Cambodge. Petite guesthouse bien confortable sur les rives du lac Boeng Kak, un autre quartier particulièrement populaire auprès des routards de tout genre. Vu que j'avais réservé l'hôtel à l'avance, un type nous attendait au terminal de bus, pour nous conduire au gîte en moto. Une sévère pluie venait de s'abattre sur la ville, si bien que nous roulions fréquemment dans dix ou quinze centimètres d'eau brunâtre. Mais au vu du comportement des conducteurs, cette situation semblait parfaitement normale.
Dans mon post précédent, je parlais des fameux ''shooting range'' pour lesquels on se fait sans cesse solliciter pour aller se défouler à coup d'artillerie lourde. Au diable l'éthique, nous avons succombé et y sommes allés ce matin. Fucked up ! On arrive là, et le type (avec une très sale gueule) nous remet tout bonnement un menu, comme si nous étions dans un vulgaire resto. Les prix pour chaque arme sont affichés, avec le nombre de munitions dont nous disposons pour atteindre les cibles (en carton, bien sûr). Jo et moi avons opté pour l'AK-47 tous les deux ; c'était un des moins chers et cette arme, de par son histoire, m'a toujours pas mal fasciné. Thi, l'amie de jo (et maintenant aussi la mienne par le fait même) quant à elle a préféré s'abstenir. Mais quell thrill, sans joke ! Fallait que j'essaie ça une fois dans ma vie. Et au nombre de touristes qu'il y avait là-bas, disons que nous n'étions pas les seuls à y avoir été poussé par curiosité. C'est situé non loin de l'aéroport international de Phnom Penh, et lorsque la moto s'approche de l'aire, un frisson nous parcourt, à l'écoute de toutes ces détonations d'explosifs et d'armes semi-automatiques. Dans une véritable zone de guerre, ça doit sonner exactement comme ça. Sinon, entre autres, sur le menu : un tir de bazooka pour 300$ US. Mais ils nous ammènent en pleine jungle, à une heure de là. Il y a aussi moyen de garrocher une grenade pour 30$ US. C'est complètement cinglé, mais il fallait que j'essaye. Et puis, je n'ai pas à me justifier, après tout ... C'était cool en maudit ! :)
Non loin de là, il y a un petit circuit de Go-Kart. Tiens, pourquoi pas ! Je n'en ai pas fait depuis l'âge de huit ans, pourquoi pas en faire au Cambodge ! Les seules anomalies consistaient à prier pour que la vache (qu'est-ce qu'elle foutait là?) qui broutait directement sur le bord de la piste ne prenne pas la fantaisie de traverser la piste, ou de s'y installer carrément, comme les vaches savent si bien le faire. Ce n'est pas arrivé. Mais les trois ou quatre nonchalants qui gèrent le circuit devraient tout de même faire attention, ça aurait pu être dangereux. Sinon, c'est bizarre de rouler au bruit des détonations qui se font entendre au loin, mais, même si c'est un peu terrible à dire, on s'y habitue.
Alors voilà. Demain, au programme : visite du Musée du Génocide. Pas particulièrement joyeux, mais il s'agit d'un incontournable, pour mieux comprendre (s'il y a quelque chose à comprendre) la folie totale qui s'est emparée de ce pays entre 1975 et 1979.
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Le prix du gaz à Phnom Penh est à 1.25$ US le litre. Comme chez nous, mais c'est là que la comparaison s'arrête. Ma chambre d'hôtel (bon, un peu rudimentaire) me coûte 3$US la nuit, un excellent repas au resto 3-4$ aussi, alors j'imagine le bas prix des produits de base ... Tout ça pour dire que ça ne me surprendrait guère que faire un plein leur coûte quelques jours de salaire. Mais ça n'empêche en rien les véhicules de prendre d'assaut les rues de la capitale. A ce sujet, j'ai vu deux jeeps aujourd'hui immatriculés en ... Californie ! Mais bon, au nombre de véhicules qui roulent carrément sans plaque et dans un pays où je pourrais acheter ma citoyenneté pour quelques dizaines de dollars, c'était probablement une petite fantaisie décorative de la part des chauffeurs.
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Sinon, un petit regret : je n'aurai peut-être pas de photos du Viet-Nâm. Je ne dispose plus de carte-mémoire depuis Varanasi ; je n'ai jamais réussi à en trouver une compatible avec mon appareil, pourtant fabriqué en Asie. Mais jusque-là ça allait, j'avais convenu avec Jonathan que je pigerais dans ses photos du Cambodge, que ses images seraient les miennes. De toute façon, bien souvent, nous prenons pas mal les mêmes photos. Il y aurait toujours la carte-mémoire de mon lecteur MP3. Le risque, c'est de perdre d'un coup la moitié de ma liste de chansons sans que ça ne m'apporte quoi que ce soit en retour. Mais je prendrai ce risque, pour ce qu'il reste au voyage de toute façon. Au pire, je pense à ça, il y a toujours les appareils jettables cheapo. Au diable la qualité des images, mais au moins j'en aurai. Tiens, c'est probablement ça que je ferai !
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Je pense quitter Phnom Penh dans trois jours. J'aime bien l'amibance ici ! Ensuite, j'ignore combien de temps je resterai au Viet-Nâm, mais je ne m'éterniserai fort probablement pas. Le chemin du retour est amorcé !
Je réécrirai de Saigon, bien sûr ...
A bientôt ! :)
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