Friday, May 2, 2008

Siem Reap

Nous voici donc au Cambodge, à Siem Reap, deuxième ville du pays. Il s'agit en fait de l'agglomération jouxtant les célèbres temples d'Angkor Wat, qui sont à 8 kilomètres d'ici. Ces temples, ou ce qu'il en reste, constituent les plus grands édifices religieux sur la planète (selon notre Lonely, ça me surprend beaucoup), mais également ce que l'empire khmer représentait vers le XIIe siècle, à l'apogée de son règne, lorsqu'il dominait ce qu'est aujourd'hui la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Viet-Nâm. Nous allons visiter tout ça demain.

Avant de poursuivre, un petit mot sur notre semaine à Bangkok. Ce fut parfait pour nous remettre un peu plus en forme. Notre hôtel était tellement confo qu'on a eu bien du mal à quitter cette ville géniale. Il y avait tout ce qu'on voulait sur place : quelques bars et restos dans l'hôtel, une piscine sur le toit, une télévision avec un réseau interne qui diffusait des DVD de South Park et Family Guy ... un vrai petit resort, qui me faisait même penser que j'étais dans le sud. Ajoutez-y une plage et l'illusion aurait été parfaite. Sans oublier la fameuse Kao San Road et ses innombrables bars qui ne ferment que quand le dernier client a fini de picoler. Les Thaïs sont toujours aussi gentils, et il est très facile de lier des liens d'amitié ; c'est moins ''intéressé'' qu'avec les Indiens. D'ailleurs, il m'est formellement interdit de me prendre une chambre d'hôtel la prochaine fois que je passe par Bangkok. Donc c'est ça, à part la Kao San Road et ses environs, nous ne nous sommes pas vraiment promenés à Bangkok. De un, j'avais déjà visité tout ce qu'il y avait à visiter en 2004 et de deux, on était surtout là en transit, pour glander un peu avant d'avoir la possibilité d'entrer vers notre seconde étape officielle : le Cambodge.

Nous y sommes donc allés en bus. Premier choc : le contraste vraiment frappant entre la Thaïlande et le Cambodge lorsque l'on franchit la frontière par la route. Des belles routes thaïes goudronnées et sans aucune fissure, nous passons soudainement à d'étroits chemins boueux ou le bus ne peut avancer à guère plus de 25 ou 30 km/h. Nous avons d'ailleurs changé de véhicule à la frontière, ce qui nous a brusquement rappelé que nous n'étions plus dans le Disneyland touristique thaï. Du bus climatisé à deux étages avec toilettes et lecteur DVD, nous switchons pour un tape-cul inconfortable qui nous laissera tomber un peu plus loin d'ailleurs. Premier constat : la Thaïlande est riche, très riche même, par rapport à ses voisins.

Ici au Cambodge, nous réalisons bien vite que nous sommes dans un pays ou tout est à faire, et ou le régime sanguinaire des Khmers Rouges de Pol Pot (1975-1979 ... deux millions de morts) a laissé des séquelles absolument épouvantables. Cette gang de sans-dessein a eu l'idée géniale d'abolir la monnaie et de faire exploser l'édifice de la Banque Centrale à Phnom Penh. Résultat : c'est un peu le chaos monétaire en ce moment. Trois monnaies sont utilisées parallèlement : le riel cambodgien, le dollar US et le baht thaï (mais principalement les deux premières). On paye en riel, on reçoit notre monnaie en dollars, et vice-versa. Il faut vite apprendre à jongler entre les deux devises, mais le taux de change est un chiffre assez rond ... environ 4000 riels pour 1$US. D'ailleurs, ça fait assez drôle de se ramasser avec une facture de 25 000 pour un repas à deux. Pourriez pas juste couper quelques zéros ? Pour donner un peu une idée de l'instabilité du Cambodge dans l'ère contemporaine, dites-vous juste que le pays a changé de nom cinq fois depuis 1970, mais semble s'être branché pour de bon en 1993 en choisissant son nom actuel : le Royaume du Cambodge.

Les temples d'Angkor sont évidemment le truc dont les Cambodgiens sont les plus fiers. Le temple principal, le plus gros (celui que l'on voit partout) est représenté partout. Du drapeau national aux sacs de riz, en passant par les cannettes de bière et les paquets de cigarette. Difficile à manquer, en tout cas ! Pour donner une idée de l'ampleur de l'importance d'Angkor pour les Cambodgiens : il y a quelques années, une comédienne de soap-opéra thaï avait mentionné que ces temples appartenaient historiquement à la Thaïlande. Résultat : plusieurs jours d'émeute à Phnom Penh, ambassade thaï saccagée et incendiée, sièges sociaux de compagnies thaïes pris d'assaut. On ne niaise pas avec Angkor Wat ...

Le Cambodge est tristement célèbre pour le nombre effarant de mines anti-personnel qui sont encore dispersées un peu partout au pays. Il n'est pas rare de voir des amputés (il y en aurait 50 000 environ au pays). Partout ou nous sommes, on se fait dire de ne jamais sortir des sentiers battus ... Si par exemple, un besoin naturel nous prend alors que nous sommes sur le bord d'une route, vaut mieux sacrifier un peu de dignité qu'une jambe. Les maudits malades de Khmers Rouges ont posé ces mines au début des années 70 alors qu'ils cherchaient à renverser le gouvernement en place à l'époque. Le but ? Démoraliser le gouvernement. Ces pauvres Cambodgiens en paient encore le prix. Parlant des Khmers Rouges, je regarde les gens marcher dans les rues, et j'en vois très très peu semblant avoir au-dessus de 50 ans. Si j'en ai vu trois ou quatre, c'est déjà beau. Un immense respect m'envahit en les croisant, quand je me dis qu'ils ont survécu au régime le plus sanguinaire de l'ère moderne.

Toutes ces années de guerres civiles ont laissé d'autres sortes de traces, en faisant place à un genre de tourisme assez particulier : ça fait plusieurs fois que l'on se fait offrir d'aller dans des ''shooting range''. Mais qu'est-ce que c'est ? Tout simplement un endroit ou pour quelques dollars US, on peut joyeusement s'amuser à tirer du AK-47, du bazooka ou du machine gun. Spécial, n'est-ce pas ? Les armes à feu n'étant absolument pas mon genre de truc, je crois que je vais passer mon tour, mais j'en connais qui seraient probablement très curieux d'essayer. Mais je ne sais pas, je me demande si c'est bien d'encourager ça. Bon, pendant que ces armes servent à ça, elles ne détruisent pas de vies et ça semble faire vivre un certain nombre de personnes dans le coin. Peut-être qu'il faut voir ça comme une façon constructive d'utiliser le surplus d'armes qu'il y a dans le pays. Et les cibles ne sont plus animales, comme il y a quelques années (incroyable !) Je ne sais pas trop quoi penser ... Je vais laisser la ''chance'' à d'autres.

Sinon, l'ambiance est bonne ici. Les gens sont gentils et souriants. Pas mal de bars, et le coût de la vie est relativement peu élevé (par rapport à la Thaïlande ... à peu près semblable à l'Inde.) Un excellent repas de fruits de mer revient à 2-3$US, la bière est environ 1$, et le pichet de Long Island Iced Tea est à 7$USD, au lieu de 22$ comme au St-Sulpice. Je pense que je vais en profiter un peu ce soir en allant faire un tour sur Bar Street (ça ne s'invente pas). Et sérieusement, je n'ai mangé que quatre ou cinq repas jusqu'à maintenant, mais c'est vraiment excellent. Principalement des fruits de mer et du poisson. En prenant certaines bouchées, des souvenirs d'enfance de mes vacances dans le Maine remontaient à la surface. À ce point-là ! Je pense qu'on va bien s'amuser ici. Dans deux ou trois jours, plein cap sur la capitale, Phnom Penh, et ensuite ce sera les plages dorées de Sihanoukville pour finir ce voyage en beauté. Restera juste à décider si on rentre par Ho Chi Minh Ville (Viet-Nâm) ou si on retourne à Bangkok pour le vol de retour. Ça dépendra des prix ...

À bientôt !

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