Nous voici maintenant à Kovalam Beach, à 13 kilomètres au sud de Thiruvananthapuram. Nous sommes finalement restés deux jours dans cette ville, qui au départ ne semble pas d'un très grand intérêt (c'était avant tout notre point de chute). Mais à force de déambuler dans la ville, on y trouve un certain charme. Une des grandes particularités de cette ville, c'est la cohabitation harmonieuse entre hindous, musulmans et chrétiens. Au coeur d'un même carrefour près du bazar, on retrouve un temple hindou, une mosquée et une cathédrale dont l'architecture n'est pas sans nous rappeler celle de Notre-Dame. Si on bifurque dans une petite rue au hasard, on peut se retrouver complètement perdu au coeur d'un quartier résidentiel cossu, comme des villages en plein dans la ville, loin des boulevard chaotiques ou se cotoient voitures, rickshaws, motos, piétons et animaux. Il a fallu apprendre à traverser les rues à l'indienne, c'est-à-dire en se fermant les yeux, en retenant notre souffle et en priant Ganesh. :) Parlant de Ganesh, on a rencontré un type portant ce nom dans un petit bar miteux, pour se rendre compte que l'alcool existe en Inde, mais que c'est plutôt caché. On s'est ramassé dans un backstore très sombre, à midi, ou les Indiens s'enfilaient plusieurs verres derrière la cravate.
Bon. Comme je disais, nous sommes à Kovalam depuis deux jours. Il s'agit d'une station balnéaire sur le bord de la mer, très touristique. Jonathan voulait faire un peu de plage pour qu'on se remette du décalage horaire. Je suis allé sous les Tropiques il n'y a pas si longtemps, donc je n'en ressentais pas particulièrement le besoin, mais comme j'ai l'esprit de sacrifice, j'ai accepté d'aller me prélasser un peu. Nous sommes en haute saison, donc nous payons tout un peu plus cher, mais nous le faisions en connaissance de cause. La mer d'Oman est complètement déchaînée, les vagues sont complètement débiles, et on passe la journée à se baigner parmi les touristes (russes pour la plupart) mais également beaucoup d'Indiens et de pêcheurs. Il y a énormément de mendiants et de rabatteurs sur le bord de la plage, mais si on demeure ferme et sympathique à la fois, ils n'insistent pas trop. Nous sommes arrivés hier matin à 5h du mat pour profiter du lever du soleil, et dès notre descente du taxi, un type nous attend et nous demande si nous avons un hôtel réservé à Kovalam. La réponse est non, mais on déteste se faire imposer quoi que ce soit. Il nous propose de seulement venir voir son hôtel dans lequel il nous propose une chambre à 500 roupies. On le suit, à contrecoeur. Mais.... c'est vraiment excellent pour le prix demandé! Beau petit resort avec piscine, resto, et la chambre est vraiment très propre pour les standards d'ici. Ça nous revient environ à 5$ chacun pour la nuit. On apprend par après que le type (Wilson) possède plusieurs hôtels dans le coin et qu'il a très bonne réputation. On dirait qu'il faut parfois se lancer et ne pas toujours douter des propositions qui nous sont offertes.
On raconte ça à Étienne, un Français rencontré en dînant sur la plage, et sa femme en bave de jalousie. "Tu vois, je t'avais dit qu'on devait aller chez Wilson!'' Héhéhé. Parlant d'Étienne, ce fut une rencontre vraiment super et enrichissante. Il a 60 ans et vient en Inde chaque année depuis les années 70. Il nous en a beaucoup appris sur le pays (on sentait le vécu), sur le climat politique, les moeurs, etc. Notamment le fait que le Kerala est dirigé par des marxistes et que l'opposition est formée d'un parti encore plus à gauche qui accuse les marxistes de succomber au capitalisme. Tiens donc! C'est pour ça qu'il y a les portraits de Marx et Lénine un peu partout à Thiruvananthapuram! Étienne a insisté pour nous donner sa carte très détaillé de l'Inde qu'il venait tout juste d'acheter, malgré notre refus. Vraiment un chic type. Il nous a présenté à ses amis et tout le kit.
À part ça, il y a de l'électricité environ deux heures par jour, mais on s'y fait. On lave notre linge à la chandelle dans une chaudière (excellent résultat!) C'est tellement ensoleillé et innondé de palmiers (du jamais vu pour ma part) que le petit confort douillet devient vite une préoccupation futile. On pense rester ici encore un jour ou deux et ensuite on fonce vers Quilon, pour gagner Cochin par les backwaters, célèbre réseau de rivières et de canaux qui traverse tout le Kerala, là ou se confondent l'eau et le ciel. Ensuite, rendez-vous en pays tamoul, au Tamil Nadu. Mais ça peut changer.
Étant donné que moi et Jonathan disposons exactement du même budget, que nous mangeons et dormons aux mêmes places, on a décidé de mettre notre argent en commun. Pas mal moins chiant et compliqué. Le voyage s'arrêtera quand on n'aura plus d'argent, ou quand on sera écoeurés. Sur un budget de 14 000$, il nous reste 13 860 (et nous sommes dans une des zones les plus chères du pays). Ça devrait aller.
Je vous laisse avec une initiation à l'humour indien.
- Mettre des feux de circulation aux intersections
- Peinturer des traverses de piétons dans la rue
- Un robinet de douche sur lequel est indiqué ''eau chaude" (celle-là c'est la meilleure)
- Un chauffeur de rickshaw qui veut nous faire faire une ride de 3 km pour 120 roupies et qui nous dit ''very good price!'' Hahaha! Mais ils sont si sympathiques.
Les photos viendront quand j'en aurai assez pour que ça vaille la peine.
Bon, assez. Je vous donne des nouvelles quand nous serons ailleurs!
À bientôt!
P.S. J'ai ajouté un lien vers le blog de Jonathan, histoire de voir le tout sous une autre perspective!
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