Nous avons quitté Kovalam beach il y a environ trois jours (un peu de difficulté avec la notion du temps ici). Nous avions hâte de terminer cettte parenthèse qui nous a fait du bien mais qui, on se l'avouera, ne respirait pas particulièrement l'authenticité indienne. Tôt le matin, on cherche l'arrêt de bus pour se rendre à Quilon en marchant sur le bord de la plage avec nos gros sacs à dos, quand l'inexplicable se produit. Un chien mignon comme tout commence à nous coller, puis se met à nous suivre, pour finalement nous devancer. Il se retourne de temps en temps, pour voir si on suit toujours. Rendus sur la route goudronnée, le chien se couche tout à coup sous une pancarte ou il est indiqué ''Bus stop'' et nous regarde droit dans les yeux. On hallucinait. Je lui ai demandé à la blague combien de roupies il nous chargeait pour ça, mais il s'est enfui sans demander son reste. Bizarre, bizarre ... ! Dans ce pays, vaut parfois mieux ne pas chercher à comprendre ...
Finalement, on a décidé que c'était plus simple de prendre un rickshaw (merci quand même le chien) pour retourner à Thiruvananthapuram ou les départs sont beaucoup plus fréquents, pour attraper sur place un bus pour Quilon. Quelle aventure ! Évidemment, les deux seuls non-Indiens à bord, chauffeur qui conduit en maudit malade (je veux bien croire qu'ils cherchent à se sortir au plus vite du cycle des réincarnations, mais faudrait songer à ne pas trop exagérer). On est arrivés sains et saufs à Quilon, petite ville de 300 000 habitants très animée mais ou il n'y a strictement rien à voir. Aucun monument, ni temple qui se démarque particulièrement. C'était avant tout un point de départ pour rejoindre Allepey par les backwaters. Fin d'après-midi, on se boit une petite Heineken bien méritée sur le toit de l'hôtel en se demandant quoi faire d'ici le souper (on venait de parcourir deux fois l'ensemble des grandes artères de la ville) quand on entend une voiture sur laquelle est hissé un haut-parleur qui hurle des ordres en malayalam. Après quelques minutes, intrigué, je vais demander au tenancier de l'hôtel de quoi il s'agit. Il me répond, tout content, que c'est le défilé annuel de tous les élèves et étudiants de la ville, événement qui inaugure un festival d'arts. Il nous dit qu'on ne doit absolument pas manquer ça et que je dois retourner à ma chambre prendre mon appareil photo. On descend dans la rue et effectivement, celle-ci est bloquée à la circulation (enfin un petit break) et une foule se masse des deux côtés de la rue. Ce fut tout un spectacle ! Pour prendre des photos, j'en ai pris ! Défilé haut en couleurs mettant en vedette les différentes écoles de Quilon qui rivalisaient d'imagination pour nous concocter des costumes et des mises en scène assez incroyables. On passait du défilé militaire aux déguisements de Gandhi, en passant par Michael Jackson et le père Noël, sans oublier évidemment de nombreuses personnifications des mythologies hindoues, chrétiennes et musulmanes. Un char allégorique représentait fièrement un missile atomique peinturé aux couleurs du drapeau indien, ce qui nous a fait prendre conscience d'un certain patriotisme indien qu'on n'avait pas vraiment eu la chance de percevoir jusqu'à maintenant.
Parfois, les rôles s'inversaient et donnaient lieu à des situations invraisemblables comme je les adore. Les plus jeunes écoliers (ceux du primaire) qui défilaient, très surpris de voir des non-Indiens s'intéresser et assister à cet événement, nous envoyaient la main en nous demandant nos noms et en nous arrosant de ''Nice to meet you'' et autres salamalecs du genre. Bref, pour certains de ces enfants, c'était nous le show, et non la spectaculaire parade dont ils faisaient parti et qui se déroulait sous nos yeux. On pensait s'ennuyer durant cette brève étape à Quilon, mais la ville s'est occupée de nous divertir un peu ! Hallucinant le nombre d'écoles et d'enfants dans cette ville, on comprend un peu mieux pourquoi ce pays sera le plus peuplé de la Terre en 2030. Sinon, notre hôtel était plutôt rudimentaire à Quilon, mais non dépourvu d'exotisme. Juste à côté d'une mosquée, dont le premier appel à la prière qui a surgi des minarets nous a pris par surprise. En revanche, on aurait bien pu se passer de l'exotisme de la prière de 5h du matin. Des jeunes Indiennes pratiquaient des chants et ce qui semblait être une pièce de théâtre tout juste à côté de notre fenêtre, dès 6h30 du matin. Bref, vous aurez compris que c'était un tantinet mouvementé.
Sinon, nous sommes arrivés à Allepey hier soir, après un trajet de bateau de 8h ponctué de paysages à couper le souffle des backwaters, ainsi que de rencontres sympas. Allepey est une petite ville charmante, bordée de canaux; on lui donne même le surnom de Venise du sud de l'Inde. Ouin, mettons ... Nous sommes atteris dans un hôtel très luxueux pour 500 roupies, de loin le plus propre qu'on ait connu depuis notre arrivée ici. Mais nous ne sommes pas venus ici pour vivre dans le luxe. Ce matin, on a changé d'hôtel pour un autre qui nous revient à la moitié du prix, pas mal plus glauque et décrissé. Yeah! Ça c'est l'Inde... Nous revenons de visiter un temple hindou absolument époustouflant (Kidahgam Parambu), bâti au XIIème siècle et orné de statues magnifiques représentant des scènes un peu moins magnifiques; la plupart des mythologies s'étant écrites dans le sang.
Sinon, moi et Jo divergeons un peu d'opinion sur les prochaines étapes à suivre. On s'est entendus pour direction Cochin demain, puis le Tamil Nadu (Rameswaram, Tanjor, Trichy) mais je suis attiré par Bangalore et le Karnataka ensuite, alors que lui vise plutôt l'Orissa. Aucun problème, on avait prévu que ça arriverait. On se séparera sans doute une ou deux semaines, pour se retrouver plus au nord, peut-être à Hampi. Maintenant que l'introduction au pays (du moins le sud) est complétée, on n'a aucune crainte à faire des petits bouts de chemin en solitaire, et c'est d'ailleurs ce que la plupart des voyageurs que nous croisons font. Ça risque de favoriser les rencontres avec les Indiens et les situations délicates dont il faut se démerder seul, comme je les aime. Je vous tiens au courant dans les prochains jours, sans doute.
A+!
P.S. Contrairement à mes appréhensions, l'estomac tient le coup à 100%, même si on ne mange pas tout à fait dans des 5 étoiles. La bouffe est excellente et généreuse jusqu'à maintenant. Miam miam! Ça donne faim ça ...
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1 comment:
Frank j'aime tellement lire ton blog parceque j'adore la façon dont tu écrit: je me sens comme si je suis la aussi. J'espere que tu t'amuse en Inde et j'attend de tes photos quand tu reviendra!
xoxo
-Kat
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