Arrivée à Bangalore (7M d'habitants) mardi matin à 5h30. C'est à peu près la pire heure pour débarquer dans une ville : nous sommes à moitié morts, pas très envie de chercher un hôtel, et la plupart de ceux-ci offrent un check-out 24h, ce qui fait qu'on doit quitter le lendemain à la même heure. Ça nous laisse donc deux options : attendre à la gare de bus jusqu'à environ 9h (soit une heure qui a de l'allure pour le jour ou nous voudrons quitter) ou encore trouver immédiatement un hôtel pas cher dans les environs et aller faire une sieste jusqu'à midi, pour ensuite trouver un gîte mieux situé quand nous serons en pleine possession de nos moyens. C'est cette option que l'on choisit.
Nous découvrons le centre-ville de Bangalore en début d'après-midi. Première surprise : c'est une ville verte, enfin beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais. Des arbres partout, et un immense parc (le Cubban) qui se veut un havre de paix en plein coeur de la ville. Jouxtant celui-ci, de larges boulevards dégagés, comme celui qui est bordé de beaux grands palmiers et ou sont installés côte-à-côte l'hôtel de ville et le Parlement de l'État du Karnataka. Sur la façade du Parlement, un écriteau indique "Government's work is God's work". Ok ... Nous nous installons en plein centre-ville, l'équivalenent de si on se prenait une chambre au coin de Ste-Catherine et Crescent à Montréal. Le centre est hyper occidentalisé, ou se succèdent les Pizza Hut, Subway, McDo (qui servent des Maharaja Mac, sans boeuf bien entendu), Levis' et autres enseignes qui sont toutes sauf dépaysantes. Rien à voir en tout cas avec la vieille ville ou nous étions installés ce matin, près de notre point de chute en bus. Sauf pour le traffic qui est aussi chaotique qu'ailleurs en Inde, on pourrait se croire dans une ville américaine (avec un peu d'imagination). Aux ordures les saris pour les filles et les moustaches pour les gars ! Ici, on porte jeans et t-shirts, le I-Pod bien vissé sur les oreilles, et on pense à un endroit ou aller fêter ce soir. Car même si ce n'est rien d'extravagant, il existe un nightlife ici, avec ses clubs, ses drinks très chers (on l'a appris à nos dépends), des dress-code (ça aussi! pas de sandales ...), des pistes de danse et tout le kit. Exactement comme chez nous, le tout arrosé de la même musique. Ça vaut bien la peine d'être à des dizaines de milliers de kilomètres de chez soi pour entendre du Akon et du 50 Cent dans des bars ! Mais une chose est sûre, ça fait changement des sombres tavernes 100% masculines ou on devait se rendre pour boire un verre. Quant à notre hôtel, il nous coûte un prix de fou, mais c'était le prix à payer pour être en plein coeur de l'action. Petit-déj inclus (indien ou occidental), ça c'est bien. Une fois qu'on a trouvé notre hôtel, il fallait retourner à l'ancien là ou on avait laissé toutes nos affaires. Seul hic, nous étions en fin d'après-midi, en pleine heure de pointe. Un peu plus d'une heure pour faire une dizaine de kilomètres aller-retour.
Il y a des feux de circulation ici, et étonamment, ils sont plutôt respectés. En revanche, les piétons sont totalement délinquants; ça traverse des boulevards de six voies sur le feu rouge, même si une armée de voitures, motos, bus et rickshaws s'amènent à toute vitesse. Mais ces derniers ne bronchent pas : petit coup de klaxon et hop! on contourne les piétons à 60 km/h. Comme si c'était tout à fait normal. En fait, ça semble l'être. ''Une anarchie qui fonctionne'' disait l'économiste John Galbraith à propos de l'Inde. À l'image de sa circulation.
Forcément, la population de la ville est beaucoup moins homogène que ce qu'on a été habitués de voir jusqu'à maintenant. Ça se comprend : avec les milliers d'emplois dans le secteur de la haute technologie qui sont disponibles ici, les gens viennent de partout. Beaucoup de Chinois et de Coréens (enfin, si je me fie aux faciès), mais également d'Indiens du nord. Tout ça insuffle une énergie toute particulière à la ville; on sent véritablement qu'il se passe quelque chose ici, que l'avenir s'annonce plutôt bien. Bangalore ne résiste pas à la tendance indienne visant à changer tous les noms des grandes villes, pour se détacher de son passé colonial et ajuster ces patronymes aux langues locales. On s'apprête à rebaptiser prochainement la ville Bangaluru, comme son nom en Kannada, la langue du Karnataka. Mais rien n'est encore décidé officiellement. Petite parenthèse, ça fait une dizaine d'Indiens roux que je croise à Bangalore, alors que je n'en avais vu aucun jusqu'à maintenant. Drôle de look. Ah oui, on a aussi aperçu trois travellos en sari hier soir. Only in Bangalore ! Oops, Bangaluru ...
Iron Maiden était en ville dernièrement. Croisé deux jeunes Indiens aux cheveux longs et arborant un t-shirt du groupe (un à Ernakulam et un ici). L'accueil fut tellement bon qu'ils reviennent en rappel demain soir, mais à Bombay cette fois-ci. Bruce Dickinson racontait dans le Times of India qu'ils auraient facilement pu jouer trois soirs à Bangalore, en se fiant aux milliers de personnes qui se sont massées autour du stade simplement pour pouvoir entendre. Ce pays évolue décidément dans le bon sens ! ...
Il y a une chose que je n'aime pas en Inde (et dans beaucoup de pays d'ailleurs) et Bangalore n'y échappe pas. Absolument impossible de magasiner en paix, même dans les grands centres d'achat ! Si on a le malheur de regarder un article qui nous plaît plus de trois secondes, même de l'extérieur du magasin, c'est automatique, le harcèlement commence. Come in, come in, good prices, bla bla bla ... Ils devraient réviser leur stratégie; pour moi et pour beaucoup d'autres, j'en suis sûr, ça a carrément l'effet inverse que ce qu'ils recherchent : je m'en vais. Pas besoin d'un intermédiaire, si j'ai besoin de toi, on se reparlera quand j'apporterai mon article à la caisse, pour le payer. Un peu comme chez nous quand dans une boutique, la vendeuse vous suit à la trace, écume sur le bord de la bouche en pensant à sa commission potentielle. Ici c'est pareil, mais à la puissance mille. Ça peut être lourd ...
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Aperçu deux fois en ville jusqu'à maintenant : une Occidentale arborant un t-shirt de l'Église de Scientologie, volet recrutement. Les problème, c'est qu'elle passe ses journées seule à lire dans les restos et cafés. La domination planétaire scientologique ne semble donc pas être pour demain ...
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Demain, nous quittons l'Inde du Sud. Direction Bubaneshwar, capitale de l'Orissa. Notre premier trajet en train, qui sera d'une modeste durée de 30h. Mais en "sleeper class", donc tout devrait bien aller. Ça va prendre pas mal de lecture ...
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