Nous sommes partis (enfin) de Madurai samedi matin, ville qui nous aura laissé une impression plutôt ordinaire. Notre objectif au Tamil Nadu est de rejoindre Auroville et Pondichéry avant de s'attaquer à Bangalore et au Karnataka. Mais rejoindre Pondy en une seule étape, ce serait exagérément long. Nous avons donc ciblé les villes de Trichy et Tanjore pour faire des haltes de deux à trois journées dans chacune d'elles. D'ailleurs, on commence à trouver que les choses se déroulent vite, très vite même. Il est vrai que nous disposons de plusieurs mois devant nous, mais nous sommes incapables de rester plus de deux jours dans une même ville. Une fois les principaux monuments visités et les principales artères arpentées, c'est plus fort que nous; nous avons la bougeotte et nous levons l'ancre. On peut estimer qu'à ce rythme, nous n'aurons probablement pas besoin de renouveller le visa indien après le 31 mai. Dépendamment du budget dont nous disposerons rendus là, nous nous attaquerons fort probablement à un autre pays (ce ne sont pas les idées qui manquent!) ou encore nous rentrerons sagement à la maison. Mais ça me semble un peu tôt. Rentrer quelque chose comme début août, alors que l'été bat encore son plein au Québec, ça me semblerait bien. De toute façon, le périple en est encore à ses balbutiements, et si je pense déjà au retour, c'est purement technique et c'est dû à mon éternel état d'esprit angoissé qui cherche toujours à tout planifier. Nous sommes encore très loin du coup de blues et pour l'instant, on s'amuse encore comme des petits fous!
Revenons donc à nos moutons. Départ de Madurai, direction Trichy. En plein trajet, nous apprenons que nous nous sommes trompés de circuit et que notre bus ne fait pas de liaison directe entre les deux villes. Jonathan étant assis complètement à l'avant du bus et moi complètement à l'arrière (les deux seules places restantes à l'embarquement), je le vois soudainement me faire un grand signe alors que nous nous arrêtons à un petit village. Ça y est, c'est sans doute le moment de débarquer! Nous sortons en catastrophe et sautons à bord d'un autre bus déjà en marche sur lequel est vaguement indiqué Trichy. Wow! On s'en vient vraiment les pros du bus! Jo m'apprendra plus tard qu'un bon samaritain assis en avant avec lui s'est occupé de lui expliquer toute la marche à suivre pour réparer notre erreur et finalement gagner Trichy.
Parlant de cette chère Trichy, nous y arrivons donc. Équipés de nos gros sacs qui semblent s'alourdir de jour en jour, nous sillonnons la ville à la recherche d'un hôtel. D'habitude, il s'agit d'une simple formalité. Bien entendu, il nous arrive parfois de nous faire dire que c'est complet, mais après avoir essayé un ou deux gîtes, on finit généralement par y arriver. Mais cette fois-ci, après le troisième hôtel qui se dit complet, nous commencons à constater la gravité de la situation. Un jeune couple d'Anglais, dont le type semble un peu désespéré, nous le confirmera : il n'y a plus une chambre de disponible dans Trichy. Un gros mariage a lieu en ville cette fin de semaine et l'heureux couple attend plus de mille invités. Bon... Nos Anglais nous racontent qu'ils arrivent de Pondichéry et qu'ils continueront donc directement vers le Kerala. Tiens donc... C'est ce qu'on appelle littéralement deux routes qui se croisent. Après les salutations d'usage, on se souhaite bonne chance et chaque duo emprunte sa propre direction. Quelques secondes plus tard, un jeune garçon d'environ huit ans nous aborde avec sa mère, et nous demande si nous avons des pièces de monnaie de notre pays, car il en fait la collection. Bah ouais, pourquoi pas ! Un castor et un caribou plus tard, il nous raconte qu'il est un apprenti-yogi et qu'il prend part à des compétitions nationales, faisant des postures de yoga que très peu savent faire. Ouais, bon. Mais il nous sort un album de photos le montrant dans toutes sortes de positions contorsionnées; c'est bel et bien lui et c'est plutôt impressionant. Flexible le ti-gars !
Bon c'est pas tout, faudrait pas oublier que nous sommes pognés ici, pas d'hôtel, qu'il fait un bon 35 degrés, qu'on a nos gros sacs et qu'on a rien mangé de la journée. Manger! Voilà une riche idée. On fera le point autour d'un bon dosaï, au resto de cet énième hôtel qui vient de nous revirer de bord. On prend donc congé du ti-gars et c'est ce qu'on fait. Nous en venons assez vite à la conclusion qu'un seul choix s'impose : regagner la gare de bus et filer à Tanjore (Tanjavur pour les intimes). Grrr... On vient de se taper 3h30 de bus, je ne suis pas super enthousiaste à l'idée, mais soyons réalistes : c'est ça ou dormir dans la rue. Au revoir Trichy! Ce fut bref mais intense.
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Après un trajet sans histoire jusqu'à Tanjore, cette dernière nous réserve quelques agréables surprises : non seulement le premier hôtel que nous essayons nous accueille sans problème, mais c'est le moins cher depuis le début du voyage, avec en prime les lits les plus douillets et confortables qu'il nous ait été donné de tester en Inde. De plus, c'est très très propre. Un petit lézard nous tient même compagnie. En espérant qu'il fasse son boulot et chasse bien les moustiques, car certaines nuits sont pénibles de ce point de vue. Mais ou est donc l'arnaque dans cet hôtel? Aucune idée, mais certains hôteliers devraient s'en inspirer. L'ambiance à Tanjore s'annonce donc plutôt agréable...
La bouffe est toujours aussi mangeable, même si je commence parfois à trouver que du riz et des sauces, ça peut manquer un peu de consistance. Je vais vous confier un secret, si vous promettez de ne le répéter à personne : le premier McDo qu'on croise à Bangalore risque de passer un sal quart d'heure ...
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Muthu est partout. Il s'agit de la figue emblématique du cinéma du Tamil Nadu, communément appelé Kollywood (en opposition à Bollywood, située à Bombay). Cet acteur fait carrément office de demi-dieu ici, un peu comme Sébastien de Loft Story au Québec, mais en un peu moins hot (euhh....) Dans les villes tamoules, il figure sur énormément de panneaux publicitaires. J'ai eu la chance de le découvrir à Montréal avant le départ en louant quelques-uns de ses films, et croyez-moi, don't fuck with that guy! ...
A+ !
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1 comment:
njour, je viens de lire le récit de votre trajet et je me demandais quelle était l'adresse de votre hôtel à Tanjore, la description que vous en faites donne envie d'y aller, et comme je cherche un hôtel là-bas pour un voyage familial, ce serait super. Merci d'avance. Bien cordialement
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